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L'hérédité ne serait pas un critère de dépistage : trois femmes sur quatre frappées par un cancer du sein avant 50 ans n'ont aucun antécédent familial

Science & Vie · mis à jour 6 août

Interroger une patiente sur ses antécédents familiaux ne suffit pas. La méthode manque 95 % des femmes qui développeront un cancer du sein avant 50 ans, quand un calculateur en repère huit fois plus..

Majorité des cas sans héritage

Une étude récente révèle que 75 % des femmes diagnostiquées avec un cancer du sein avant l'âge de 50 ans n'ont aucun antécédent familial de cette maladie. Cela signifie que, dans la majorité des cas précoces, l'hérédité ne joue pas un rôle déterminant. Le cancer du sein est une maladie complexe où des mutations génétiques peuvent survenir spontanément, sans être transmises par les parents. Les chercheurs soulignent que ces cas, dits sporadiques, représentent une part très importante des diagnostics chez les femmes jeunes. Cette découverte remet en question l'idée reçue selon laquelle les antécédents familiaux seraient un critère fiable pour évaluer les risques de développer un cancer du sein avant 50 ans.

Dépistage basé sur l'hérédité

Actuellement, les programmes de dépistage du cancer du sein en France, comme ceux proposés par l'Assurance Maladie, ciblent principalement les femmes âgées de 50 à 74 ans. Ces programmes s'appuient en grande partie sur l'évaluation des antécédents familiaux pour déterminer si une femme doit commencer un suivi plus précoce. Cependant, cette approche laisse de côté une majorité des femmes jeunes atteintes, car leur cancer n'est pas lié à une prédisposition génétique familiale. Les experts estiment que cette méthode pourrait expliquer pourquoi certains cancers du sein sont détectés à un stade plus avancé chez les femmes de moins de 50 ans, réduisant ainsi les chances de guérison.

Facteurs de risque méconnus

Les causes exactes des cancers du sein précoces et sans antécédents familiaux restent en partie inconnues. Plusieurs facteurs de risque ont été identifiés, comme l'exposition à des hormones (notamment les œstrogènes) sur une longue période, un mode de vie sédentaire, une alimentation déséquilibrée, ou encore la consommation d'alcool. D'autres pistes, comme l'exposition à certains polluants environnementaux ou des mutations génétiques spontanées, sont également étudiées. Les chercheurs insistent sur la nécessité de mieux comprendre ces mécanismes pour adapter les stratégies de prévention et de dépistage, notamment pour les femmes jeunes.

Impact sur les politiques de santé

Cette étude pourrait inciter les autorités sanitaires à revoir les critères de dépistage du cancer du sein. Aujourd'hui, les recommandations en France ne prévoient pas de mammographies systématiques avant 50 ans, sauf en cas d'antécédents familiaux ou de symptômes. Pourtant, avec 75 % des cas précoces survenant sans lien familial, certains experts plaident pour un élargissement des critères, notamment en intégrant d'autres facteurs de risque comme l'âge, le mode de vie ou des marqueurs biologiques. Une telle évolution nécessiterait des ressources supplémentaires et une adaptation des infrastructures médicales pour suivre davantage de femmes.

Ce que ça pourrait changer

Face à ces constats, les spécialistes insistent sur l'importance de la prévention primaire, c'est-à-dire des actions visant à réduire les risques de développer un cancer du sein avant même qu'il ne survienne. Cela inclut des habitudes de vie saines : une alimentation riche en fibres et pauvre en graisses saturées, une activité physique régulière, une limitation de la consommation d'alcool et l'arrêt du tabac. Les femmes sont également encouragées à surveiller leur santé mammaire et à consulter un médecin en cas de symptômes inhabituels, comme une boule dans le sein, des changements de texture de la peau ou des écoulements. Ces mesures pourraient permettre de détecter plus tôt les cancers, même en l'absence d'antécédents familiaux.

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