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Généraliste

Des « années d’ennui » attendent Richard Martel, selon un ancien sénateur

ICI Radio-Canada · mis à jour 8 juil.

Michael Fortier a lui-même été sénateur de 2006 à 2008 sous le gouvernement conservateur de Stephen Harper..

Démission de Martel

Le député Richard Martel, représentant la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord au Québec, a annoncé sa démission de la Chambre des communes le mardi 12 mars 2024. Cette décision fait suite à sa nomination comme sénateur canadien. Richard Martel était député depuis plusieurs années et son départ de la Chambre des communes marque un changement important dans sa carrière politique. Ce poste de sénateur lui permettra de siéger au Sénat jusqu’à l’âge de 75 ans, soit jusqu’en 2049 s’il est nommé en 2024.

Rôle du Sénat

Le Sénat du Canada est la seconde chambre du Parlement, aux côtés de la Chambre des communes. Il est composé de 105 sénateurs nommés par le gouverneur général sur recommandation du premier ministre. Contrairement aux députés, les sénateurs ne sont pas élus mais choisis pour représenter les régions du pays. Leur rôle principal est d’examiner les projets de loi adoptés par la Chambre des communes, de les améliorer et de corriger d’éventuelles erreurs. Bien que le Sénat doive approuver les lois pour qu’elles entrent en vigueur, son pouvoir est limité : la Chambre des communes a le dernier mot en cas de désaccord. Le Sénat fonctionne donc comme une chambre de révision, souvent qualifiée de rubber stamping (littéralement « estampillage ») par ses détracteurs, car elle valide souvent les décisions de la Chambre des communes sans les modifier profondément.

Critique du Sénat

L’ancien sénateur et ministre conservateur Michael Fortier, qui a siégé au Sénat de 2006 à 2008 avant de devenir ministre du Commerce international sous Stephen Harper, critique ouvertement le rôle du Sénat. Il explique que cette institution lui semble peu utile, affirmant que « c’est une chambre à laquelle je n’ai jamais cru » et que « très peu de choses » s’y passent réellement. Selon lui, l’essentiel de l’activité politique canadienne se concentre à la Chambre des communes, où siègent les députés élus. Il ajoute que le Sénat fonctionne souvent comme un simple rubber stamping, c’est-à-dire qu’il valide mécaniquement les décisions prises ailleurs, sans véritable débat ou influence.

Conditions du poste

En devenant sénateur, Richard Martel bénéficiera d’un salaire annuel de base de 192 700 $, ce qui représente une baisse de 25 000 $ par rapport à son salaire de député. Cependant, le poste offre une sécurité financière à long terme, car il peut siéger jusqu’à 75 ans. Michael Fortier souligne que cette sécurité pourrait avoir joué un rôle dans la décision de Martel. Le sénateur dispose également de plus de temps libre, avec moins de jours de travail par année que les députés. Fortier précise que Martel pourra même occuper un second emploi en parallèle de ses fonctions sénatoriales, ce qui n’est pas autorisé pour les députés.

Surprise et questions

La nomination de Richard Martel au Sénat a surpris Michael Fortier, qui se demande pourquoi lui plutôt que d’autres candidats qualifiés, notamment d’autres Saguenéens ou Québécois. Il s’interroge également sur les motivations de Martel à accepter ce poste, alors qu’il était déjà député. Fortier évoque deux raisons possibles : la possibilité de rester sénateur jusqu’à 75 ans et la sécurité financière que procure ce poste. Il souligne que, contrairement à la Chambre des communes où les députés sont élus pour des mandats limités, le Sénat offre une stabilité rare en politique, mais au prix d’une activité réduite et d’un rôle moins influent.

Ce que ça pourrait changer

Michael Fortier, ancien député conservateur, a été ministre sous le gouvernement de Stephen Harper, qui avait envisagé d’abolir le Sénat mais y a finalement renoncé, jugeant la réforme trop complexe. Fortier partage cette opinion, estimant que le Sénat a un rôle limité mais existe. La nomination de Martel intervient dans un contexte politique où les conservateurs, comme le Parti conservateur du Canada, continuent de critiquer cette institution tout en y nommant leurs membres. La décision de Martel de quitter la Chambre des communes pour le Sénat soulève donc des questions sur les priorités politiques et les stratégies individuelles au sein du parti.

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