En Grèce, la sortie de prison d’un néonazi “réveille de vieux cauchemars”
Condamné à treize ans de prison en 2020, l’ancien député néonazi Ilias Kasidiaris est sorti de prison hier grâce à une réduction de peine. En annonçant sa volonté de revenir sur le devant de la scène politique, l’homme a suscité des interrogations d’ordre constitutionnel et démocratique à quelques mois des élections législatives..
Ilias Kasidiaris, ancien député et porte-parole du parti néonazi Aube dorée, est sorti de prison le 15 septembre 2026 après une réduction de peine. Condamné en 2020 à 13 ans de prison pour appartenance et direction d’une organisation criminelle, il a purgé une partie de sa peine en effectuant des travaux en détention. Aube dorée avait été reconnue coupable d’avoir organisé des attaques coordonnées contre des syndicalistes, des immigrés et des antifascistes. À sa libération, Kasidiaris a brandi le drapeau grec et annoncé son intention de créer un nouveau parti politique pour participer aux prochaines élections législatives grecques, prévues au printemps 2027.
En 2020, Ilias Kasidiaris a été condamné pour son rôle central dans Aube dorée, un parti classé comme organisation criminelle en Grèce. Le procès a révélé une structure pyramidale au sein du mouvement, ainsi que des violences ciblées, dont le meurtre du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas en 2013. Malgré sa sortie de prison, Kasidiaris reste privé de son droit de vote pour une durée totale de 13 ans, soit la totalité de sa peine. Cette interdiction est utilisée par certains médias pour le présenter comme une victime de la démocratie, bien que les observateurs soulignent qu’elle est une conséquence directe de sa condamnation.
La libération de Kasidiaris a suscité des réactions contrastées en Grèce. Certains médias, comme Efsyn et To Vima, y voient un défí pour la démocratie et s’interrogent sur la capacité du système à gérer ses ennemis jurés. Par ailleurs, le milliardaire Elon Musk a apporté son soutien à Kasidiaris en juillet 2026, en contestant sur son réseau social X le maintien en prison du militant néonazi. Cette prise de position s’inscrit dans une tendance plus large de promotion des extrêmes droites en Europe par des figures influentes.
Malgré son interdiction de se présenter aux élections, Ilias Kasidiaris conserve une influence politique grâce à sa chaîne YouTube, suivie par 160 000 abonnés. Des médias comme LIFO alertent sur le risque que son discours trouve un écho dans un contexte politique marqué par la montée des mouvements d’extrême droite, notamment aux États-Unis avec le mouvement Maga. Kasidiaris pourrait ainsi continuer à peser sur le débat public grec, notamment à l’approche des commémorations du meurtre de Pavlos Fyssas, tué par des néonazis il y a 13 ans.
La sortie de prison de Kasidiaris intervient à quelques mois des élections législatives grecques, prévues au printemps 2027. Son retour sur la scène politique relance le débat sur les limites de la tolérance des démocraties envers leurs opposants violents. Des titres comme *To Vima* évoquent un *réveil de vieux cauchemars*, rappelant les violences passées d’*Aube dorée* et les craintes d’une résurgence de l’extrême droite en Grèce. Ce cas illustre les tensions entre liberté d’expression et protection des institutions démocratiques.

