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Société

Un fragment de poignard retrouvé dans la colonne vertébrale d'une femme révèle un meurtre vieux de 400 ans

Slate FR · mis à jour il y a 29 j

En Slovaquie, un fragment de métal logé dans le squelette d'une femme a donné des indices sur les circonstances de sa mort, il y a plus de cinq siècles. La reconstitution 3D a permis de déterminer la vitesse à laquelle le coup a été porté, ainsi que la taille de l'agresseur..

Découverte macabre

En Slovaquie, lors de fouilles archéologiques à Bratislava, les chercheurs de l'université de Prešov ont exhumé soixante-deux squelettes dans un ancien cimetière. Parmi eux, celui d'une femme d'environ 51 ans, caucasienne, a révélé une particularité troublante : un fragment métallique de 12,2 mm de long était logé dans sa colonne vertébrale. Ce morceau de fer ou d'acier, identifié comme la pointe d'un poignard, suggère qu'elle a été victime d'un meurtre il y a plus de cinq siècles, entre les XVIᵉ et XVIIᵉ siècles. Les archéologues ont publié leurs conclusions dans la revue Digital Applications in Archaeology and Cultural Heritage.

Arme et méthode

Le fragment retrouvé correspond à une lame étroite, typique des poignards utilisés aux XVIᵉ et XVIIᵉ siècles. Ces armes, faciles à dissimuler, servaient aussi bien sur les champs de bataille que dans des contextes criminels. Leur finesse permettait de percer les armures de plates ou de se glisser dans les fentes des articulations, tout en limitant les saignements. Dans le cas de cette femme, le fragment a perforé son sternum et sa vertèbre thoracique, indiquant un coup violent. Deux scénarios sont envisagés : soit deux coups distincts, soit un seul coup traversant le sternum avant d'atteindre la colonne vertébrale.

Reconstitution virtuelle

Pour comprendre les circonstances du meurtre, les chercheurs ont reconstitué en 3D le thorax de la victime et la lame du poignard. Cette modélisation a permis d'estimer la vitesse du coup, comprise entre 3,5 et 62 km/h, ainsi que l'énergie dépensée, allant de 5,71 à 272,9 joules. Ces données suggèrent une attaque puissante, mais sans préciser si elle était intentionnelle ou accidentelle. Les scientifiques ont également évalué la taille de l'agresseur, estimée entre 1,65 et 1,78 mètre, en analysant la trajectoire de la lame dans le corps.

Ce que ça pourrait changer

Cette découverte s'inscrit dans une période où les inhumations dans des lieux sacrés étaient autorisées en Hongrie, sous condition de payer un *marc d'argent* (unité de poids médiévale) pour les personnes mortes de manière violente, comme par l'épée ou le poison. Cependant, le mobile du meurtre reste inconnu. Les chercheurs soulignent que les archives de l'époque ne fournissent pas d'indices supplémentaires sur les circonstances de ce crime, laissant planer le mystère autour de l'identité de la victime et de son assassin.

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