NapseflowNapseflow
Géopolitique

Azadeh Akbari combat l’autoritarisme numérique des géants de la tech

Courrier International · mis à jour il y a 16 j

PENSEURS DE DEMAIN (6/7). Face aux bouleversements qui secouent la planète, “Die Zeit” mise sur sept intellectuels “des plus prometteurs” pour éclairer le chemin.

Qui est Azadeh Akbari

Azadeh Akbari est une chercheuse et professeure iranienne spécialisée dans les études critiques des données. Elle enseigne actuellement à l’université Goethe de Francfort, en Allemagne. Son parcours est marqué par son expérience personnelle sous le régime iranien, où elle a constaté l’usage massif de la surveillance numérique par les autorités pour contrôler la population. Aujourd’hui, elle analyse les mécanismes d’autoritarisme numérique exercés non seulement par les États, mais aussi par les géants de la technologie comme les entreprises de la Big Tech (Google, Meta, Amazon, etc.). Son travail vise à comprendre comment ces acteurs transforment les données personnelles en outils de pouvoir et de domination, remettant en cause les fondements démocratiques.

L'Iran, cas d'étude

Azadeh Akbari a grandi et travaillé en Iran, où elle a été confrontée dès les années 2000 à la surveillance numérique étatique. Les autorités iraniennes utilisaient alors des méthodes de surveillance avancées pour espionner les citoyens, notamment en interceptant leurs communications privées (messages, appels, déplacements). Lors de ses interrogatoires par la police des mœurs ou les services secrets, elle a réalisé que les agents connaissaient le contenu de ses conversations personnelles, bien avant qu’elle ne les partage. Cette expérience lui a révélé que la surveillance ne se limitait pas aux opposants politiques, mais s’étendait à tous les citoyens. L’Iran illustre ainsi comment un État autoritaire peut exploiter les technologies numériques pour étendre son contrôle sur la société, bien au-delà des méthodes traditionnelles comme l’emprisonnement ou la violence physique.

Surveillance numérique moderne

La surveillance numérique désigne l’utilisation des technologies (caméras, algorithmes, logiciels d’analyse de données, etc.) pour collecter, stocker et analyser des informations personnelles sans le consentement explicite des individus. Contrairement aux méthodes de surveillance classiques, elle permet une collecte massive et en temps réel des données, comme les déplacements via les téléphones portables, les conversations via les applications de messagerie, ou les habitudes de consommation via les plateformes en ligne. Azadeh Akbari souligne que cette surveillance n’est plus l’apanage des régimes autoritaires : les villes intelligentes (smart cities), par exemple, utilisent des capteurs et des algorithmes pour optimiser les services urbains, mais aussi pour surveiller les citoyens. Les données deviennent ainsi un outil de pouvoir, capable de décider qui a accès à quelles opportunités ou qui est exclu de certains services.

Big Tech, nouveaux pouvoirs

Azadeh Akbari s’interroge sur le rôle des géants du numérique, comme Elon Musk (Tesla, SpaceX, X), Peter Thiel (Palantir) ou Mark Zuckerberg (Meta), dans la gouvernance mondiale. Ces entreprises, souvent dirigées par des figures charismatiques et puissantes, développent des infrastructures technologiques qui influencent les États et les sociétés. Par exemple, les réseaux sociaux comme Facebook ou X (ex-Twitter) peuvent amplifier ou censurer des discours, tandis que les entreprises de cloud computing (comme Amazon Web Services) stockent et analysent des quantités colossales de données pour des gouvernements ou des entreprises privées. Akbari pose une question centrale : que reste-t-il de la souveraineté des États lorsque des acteurs privés détiennent autant de pouvoir sur les données et les infrastructures numériques ?

Autoritarisme numérique global

L’autoritarisme numérique désigne l’usage des technologies pour restreindre les libertés individuelles, contrôler les populations et renforcer le pouvoir des gouvernements ou des entreprises. Azadeh Akbari montre que ce phénomène n’est pas limité à l’Iran ou à d’autres régimes autoritaires. Par exemple, en Chine, des universités utilisent l’intelligence artificielle pour surveiller en temps réel les étudiants et évaluer leur productivité, tandis qu’aux États-Unis, des entreprises comme Palantir collaborent avec des agences gouvernementales pour analyser des données massives à des fins de sécurité nationale. Les villes intelligentes, censées améliorer la qualité de vie, peuvent aussi devenir des outils de contrôle social, où chaque mouvement est tracé et analysé. Akbari alerte sur le risque que ces pratiques se généralisent, transformant les sociétés en systèmes où la vie privée n’existe plus et où la liberté d’expression est conditionnée par des algorithmes.

Ce que ça pourrait changer

Azadeh Akbari souligne que l’autoritarisme numérique pose une menace majeure pour les démocraties. Lorsque les États ou les entreprises privées collectent et analysent les données des citoyens sans transparence ni contrôle démocratique, cela remet en cause des principes fondamentaux comme le droit à la vie privée, la liberté d’expression ou l’égalité devant la loi. Par exemple, l’utilisation de données personnelles pour influencer des élections (comme le scandale Cambridge Analytica en 2016) ou pour discriminer certains groupes (via des algorithmes biaisés) montre comment les technologies numériques peuvent être détournées pour servir des intérêts particuliers. Akbari plaide pour une régulation stricte des pratiques de surveillance et une démocratisation de la gouvernance des données, afin de préserver les libertés individuelles dans un monde de plus en plus connecté.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.