Jules César décrivait ce type de rempart il y a 2 000 ans : un possible vestige de la Lutèce gauloise découvert sous un hôpital parisien
Sous l'Hôtel-Dieu, sur l'île de la Cité, des archéologues ont mis au jour un rempart gaulois de pierre et de bois. Sa construction rappelle la technique décrite par Jules César dans La Guerre des Gaules..
Des archéologues ont mis au jour un vestige historique sous un hôpital parisien, situé dans le 5e arrondissement. Ce rempart, daté d’environ 2 000 ans, pourrait appartenir à Lutèce, la ville gauloise qui occupait le site avant la conquête romaine. Les fouilles, menées dans le cadre de travaux de rénovation, ont révélé une structure en bois et en terre, typique des fortifications décrites par Jules César dans La Guerre des Gaules. Cette découverte est exceptionnelle car elle pourrait confirmer des écrits antiques et éclairer l’histoire méconnue de Paris avant l’époque romaine. Les chercheurs estiment que ce rempart, s’il est confirmé, daterait du Ier siècle av. J.-C., période où les tribus gauloises résistaient à l’avancée des légions romaines.
Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules, décrit des remparts en terre et en bois utilisés par les Gaulois pour se protéger des Romains. Ces fortifications, appelées murus gallicus (mur gaulois), étaient composées de poutres de bois entrelacées et recouvertes de terre, rendant les murs résistants aux assauts. Les archéologues pensent que le vestige découvert correspond à ce type de construction. Cette découverte est d’autant plus significative qu’elle pourrait valider les récits antiques, souvent considérés comme des exagérations par les historiens modernes. Les fouilles actuelles visent à comparer les caractéristiques du rempart parisien avec celles des murus gallicus déjà identifiés ailleurs en Gaule.
Avant la conquête romaine, Lutèce était un oppidum (place fortifiée) gaulois, probablement occupé par la tribu des Parisii. Les Romains, dirigés par Jules César, ont progressivement soumis les tribus gauloises entre 58 et 51 av. J.-C. La ville de Lutèce a ensuite été intégrée à l’Empire romain et rebaptisée Lutetia. Les vestiges de remparts gaulois sont rares, car les Romains ont souvent détruit ou recouvert les anciennes fortifications lors de la construction de leurs propres villes. Cette découverte offre donc un rare aperçu de l’organisation défensive des Gaulois avant leur romanisation.
Pour dater et analyser le vestige, les archéologues utilisent plusieurs techniques. La datation par le carbone 14 permet d’estimer l’âge des matériaux organiques (bois, charbon) retrouvés dans la structure. Des analyses stratigraphiques, qui étudient les couches de terre superposées, aident à situer le rempart dans son contexte historique. Les chercheurs comparent également les techniques de construction avec celles d’autres sites gaulois connus, comme Bibracte ou Gergovie. Ces méthodes croisées permettent de confirmer ou d’infirmer l’hypothèse d’un murus gallicus. Les fouilles se poursuivent pour découvrir d’éventuels artefacts (armes, outils, poteries) qui pourraient étayer cette théorie.
Cette découverte pourrait réviser la chronologie de *Lutèce* et de sa romanisation. Si le rempart est bien gaulois, cela prouverait que la ville était déjà une place forte avant l’arrivée des Romains. Les historiens pourront ainsi mieux comprendre les stratégies de défense des Gaulois face à l’expansion romaine. Par ailleurs, cette trouvaille s’ajoute à d’autres vestiges gaulois découverts en Île-de-France, comme à *Nanterre* ou *Châtenay-Malabry*, confirmant l’importance de la région avant la période romaine. Les résultats des fouilles seront publiés dans des revues scientifiques et pourraient être présentés au public lors d’expositions.

