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Droit

VIH : l’ONU appelle à accélérer la riposte pour mettre fin au sida

ONU : Droits humains · mis à jour 22 juin

Quarante-cinq ans après l’apparition des premiers cas de sida, la communauté internationale doit renouveler son engagement pour mettre fin au VIH comme menace de santé publique d’ici 2030. C’est le message lancé lundi à New York par le chef de l’ONU lors d’une réunion de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations Unies consacrée au VIH/sida..

Progrès majeurs

Depuis le début de l’épidémie de VIH, le monde a réalisé des avancées significatives grâce à une mobilisation internationale sans précédent. Selon l’ONU, les décès liés au sida ont chuté de 70 % depuis leur pic en 2004, passant d’un niveau record à une baisse constante. Parallèlement, le nombre de nouvelles infections a diminué, notamment grâce à l’élargissement de l’accès aux traitements et aux outils de prévention. Aujourd’hui, plus de 32 millions de personnes vivant avec le VIH bénéficient d’un traitement antirétroviral, un médicament qui permet de contrôler le virus et d’éviter son développement en sida. Ces progrès sont le résultat d’une collaboration entre les personnes concernées, les scientifiques, les professionnels de santé et les partenaires internationaux. Cependant, malgré ces résultats encourageants, l’épidémie reste active et nécessite une vigilance continue.

Défis persistants

Malgré les avancées, la lutte contre le VIH fait face à des obstacles majeurs. En 2024, 9,2 millions de personnes ayant besoin d’un traitement contre le VIH n’y avaient toujours pas accès, ce qui représente un frein majeur à l’éradication de la maladie. Cette même année, 1,3 million de nouvelles infections ont été recensées, et 630 000 personnes sont décédées de maladies liées au sida. L’ONU souligne également l’impact des réductions de financements, qui menacent directement les programmes de prévention et les organisations communautaires, essentielles pour toucher les populations les plus vulnérables. Les difficultés financières, l’endettement croissant des pays en développement et le recul des protections des droits humains aggravent encore la situation. Ces facteurs pourraient inverser les progrès réalisés au cours des dernières décennies.

Priorités identifiées

Pour relancer la lutte contre le VIH, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a défini cinq priorités clés. La première consiste à renforcer l’accès à la prévention, aux soins et aux traitements, afin que toutes les personnes concernées puissent bénéficier des outils nécessaires. La deuxième priorité est de garantir le rôle central des communautés, notamment les associations locales, qui jouent un rôle crucial dans la sensibilisation et l’accompagnement des populations à risque. La troisième priorité porte sur la protection des droits humains, avec un accent particulier sur la lutte contre la stigmatisation et les discriminations, qui ont toujours aggravé la propagation du virus. Enfin, il est essentiel d’assurer un financement durable et de raviver la coopération internationale, deux piliers qui ont permis des avancées majeures par le passé.

Rôle de l'ONUSIDA

L’ONUSIDA est l’organisation des Nations Unies dédiée à la coordination de la lutte contre le VIH/sida. Sa directrice exécutive, Winnie Byanyima, a alerté sur la fragilité des progrès réalisés, soulignant que « ne confondons pas progrès et succès ». Elle a dénoncé le recul du financement international, la baisse des programmes de prévention et les atteintes aux droits des populations les plus exposées, comme les personnes LGBTQI+ ou d’autres groupes marginalisés. Malgré ces défis, elle a mis en avant les opportunités offertes par la science, notamment les nouveaux traitements injectables à longue durée d’action, qui pourraient simplifier la prise en charge des patients. Elle a appelé les États à renforcer le financement, protéger les droits humains et s’appuyer sur les communautés pour guider la riposte.

Transition ONU80

Dans le cadre de l’initiative ONU80, l’ONU travaille à une transformation de sa réponse au VIH. Cette transition vise à intégrer certaines capacités de l’ONUSIDA au sein du système de développement des Nations Unies, afin de garantir la continuité du soutien aux communautés touchées et de préserver la participation de la société civile dans les décisions. António Guterres a réaffirmé que « les structures peuvent évoluer, mais les Nations Unies ne se retireront jamais de leur engagement à mettre fin au sida comme menace pour la santé publique ». Cette réorganisation s’inscrit dans un contexte où l’Assemblée générale de l’ONU organise tous les cinq ans une réunion de haut niveau sur le VIH/sida pour évaluer les progrès et renforcer la responsabilité collective des États membres.

Ce que ça pourrait changer

À l’issue de la réunion de haut niveau sur le VIH/sida, une nouvelle **Déclaration politique** a été adoptée pour définir la trajectoire mondiale de la lutte contre le VIH pour les cinq prochaines années. António Guterres a conclu en insistant sur l’urgence d’agir avec « solidarité et ambition », rappelant qu’aucun pays ni aucune communauté ne peut mettre fin au sida seul. Il a appelé les États à avancer ensemble, en protégeant les droits humains et en garantissant un financement suffisant. Cette déclaration marque un engagement renouvelé pour atteindre les objectifs fixés, malgré les défis économiques et politiques actuels. La lutte contre le VIH reste une priorité de santé publique à l’échelle mondiale.

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