Le Parlement européen ouvrira un bureau à Ottawa
Ce bureau deviendra le dixième de l'organisation à se trouver à l'extérieur de l'Union européenne..
Le Parlement européen a annoncé l'ouverture prochaine d'un bureau satellite à Ottawa, au Canada. Ce bureau, le dixième du Parlement européen situé hors de l'Union européenne (UE), vise à renforcer les échanges parlementaires entre l'Europe et le Canada. Son champ d'action s'étendra jusqu'à l'Arctique, une région stratégique pour les deux parties. Cette initiative a été officialisée par Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, sur les réseaux sociaux. Le bureau d'Ottawa s'ajoute à d'autres antennes européennes établies dans des villes comme Washington, New York, Jakarta ou Kiev. Cette décision s'inscrit dans une volonté de rapprochement entre l'UE et le Canada, deux partenaires historiques cherchant à écrire une nouvelle page de leur relation.
L'annonce de ce bureau survient à quelques jours du discours que Mark Carney, premier ministre canadien, doit prononcer devant l'institution européenne à Strasbourg, en France. Ce discours, prévu le 18 septembre 2026, sera également l'occasion pour Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, de présenter l'état de l'UE. Avant cette visite, Mark Carney se rendra à Liverpool, au Royaume-Uni, pour rencontrer le nouveau premier ministre britannique, Andy Burnham. Ces déplacements illustrent les efforts du Canada pour diversifier ses partenariats internationaux, notamment face aux tensions commerciales avec les États-Unis. En effet, la guerre tarifaire avec son voisin du Sud pousse Ottawa à renforcer ses liens avec d'autres régions, dont l'Europe.
Le Canada et l'UE multiplient les ententes pour consolider leur collaboration. En février 2026, le Canada est devenu le premier pays non européen à adhérer à l'initiative Agir pour la sécurité en Europe (SAFE) de l'UE, un programme visant à renforcer la stabilité et la sécurité sur le continent européen. En mai 2026, le premier ministre canadien a participé au Sommet de la Communauté politique européenne en Arménie, où l'idée d'un statut de membre associé pour le Canada a été évoquée. Bien que ce terme ne figure pas dans les traités de l'UE, les discussions actuelles suggèrent une relation de plus en plus étroite entre les deux parties. Un sommet Canada-UE est prévu à Montréal à la fin octobre 2026 pour approfondir ces liens.
L'UE cherche à réduire sa dépendance énergétique envers la Russie, dont le pétrole et le gaz sont devenus des sources de vulnérabilité depuis le début de la guerre en Ukraine. Un rapprochement avec le Canada pourrait permettre de diversifier les approvisionnements énergétiques et de renforcer la sécurité économique des deux partenaires. Mélanie Joly, ministre canadienne de l'Industrie, souligne que cette collaboration pourrait s'étendre à des secteurs clés comme les minéraux critiques (métaux essentiels pour les technologies vertes), les investissements technologiques, l'intelligence artificielle (IA) et la souveraineté numérique (capacité à contrôler et protéger les données numériques). Cette entente favoriserait également les échanges commerciaux entre entreprises européennes et canadiennes, en réduisant les barrières protectionnistes.
Plusieurs personnalités jouent un rôle central dans ce rapprochement. Roberta Metsola, présidente du Parlement européen, a annoncé l'ouverture du bureau d'Ottawa et participera à l'accueil de Mark Carney lors de son discours à Strasbourg. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, présentera quant à elle l'état de l'UE. Mark Carney, premier ministre canadien, est un acteur clé de cette dynamique, tout comme Mélanie Joly, ministre de l'Industrie, qui a évoqué les secteurs prioritaires de collaboration. Francis Scarpaleggia, président de la Chambre des communes du Canada, a également contribué aux discussions ayant mené à la création du bureau européen à Ottawa.

