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Affaire Thélyson Orélien : quand la réalité dépasse la fiction d’Antoine Dion-Ortega

ICI Radio-Canada · mis à jour 1 oct.

Son roman L’homme de trop raconte l'histoire d'un auteur qui accepte de publier un roman écrit par une IA..

Roman et réalité

Le roman L’homme de trop, publié en mars 2025 par l’auteur québécois Antoine Dion-Ortega, raconte l’histoire d’Augustin Choinière, un écrivain en difficulté qui accepte de faire passer pour sien un roman écrit par une intelligence artificielle (IA) en 5 heures et 27 minutes. Cette fiction explore des thèmes comme le plagiat, la célébrité littéraire et l’exploitation de l’IA dans la création artistique. L’intrigue suit également une entreprise fictive, Open Future, qui teste la réaction du public face à un livre écrit par une IA sans en révéler l’origine. Antoine Dion-Ortega a exprimé son émotion en découvrant que son récit de science-fiction s’est transformé en réalité avec l’affaire Thélyson Orélien, un écrivain canado-haïtien accusé d’avoir utilisé l’IA pour rédiger son premier roman, C’était ça ou mourir, devenu un phénomène littéraire en 2025.

Affaire Thélyson Orélien

Thélyson Orélien, un écrivain canado-haïtien, a été accusé la semaine dernière d’avoir utilisé une intelligence artificielle (IA) pour écrire C’était ça ou mourir, son premier roman. Ce livre, qui met en lumière les conditions de vie des migrants, a connu un succès critique et commercial des deux côtés de l’Atlantique. L’affaire a suscité des débats sur l’éthique de l’utilisation de l’IA en littérature et sur la valeur accordée à l’authenticité des œuvres. Antoine Dion-Ortega, l’auteur de L’homme de trop, a réagi avec une certaine tristesse, soulignant que Thélyson Orélien cherchait à attirer l’attention sur un sujet grave : la traversée des migrants. L’écrivain a également exprimé son empathie pour Orélien, dont le drame personnel semble lié à cette affaire.

IA et littérature

L’intelligence artificielle (IA) générative, comme ChatGPT, permet de produire des textes en quelques minutes, ce qui soulève des questions sur l’avenir de la création littéraire. Antoine Dion-Ortega a expliqué que son roman, initialement conçu comme une fiction de science-fiction, est devenu une histoire plausible après l’arrivée de ChatGPT en 2023. Il a souligné que l’IA s’infiltre dans presque tous les aspects de la vie, y compris dans des domaines traditionnellement réservés aux humains, comme l’écriture. L’affaire Thélyson Orélien illustre cette tendance, montrant que le public et les auteurs doivent désormais composer avec cette nouvelle réalité technologique.

Réactions du public

L’affaire Thélyson Orélien a provoqué des réactions variées, notamment sur les réseaux sociaux et dans les médias. Certains lecteurs et observateurs ont adopté une position pragmatique, estimant que l’utilisation de l’IA en littérature était inévitable et qu’il fallait s’y adapter. Antoine Dion-Ortega a noté que de nombreuses personnes ont considéré que ce n’était « pas si grave » et que l’IA allait tôt ou tard s’imposer dans les pratiques littéraires. Cette ouverture d’esprit contraste avec les craintes exprimées dans L’homme de trop, où l’auteur imagine un futur dystopique où le public ne distingue plus les œuvres authentiques des productions générées par l’IA.

Critique de la Big Tech

Antoine Dion-Ortega critique vivement l’influence des géants technologiques, qu’il désigne sous le terme de Big Tech, comme les pétrolières ou les cigarettières. Il compare leur stratégie à celle des industries du tabac, cherchant à exploiter les faiblesses humaines pour générer des profits. Dans L’homme de trop, il décrit comment ces entreprises sèment le doute sur l’authenticité des œuvres pour normaliser l’utilisation de l’IA, allant jusqu’à faire accepter des productions factices comme des créations originales. L’auteur dénonce cette manipulation, soulignant que la dépendance à l’IA profite avant tout aux oligarques de la technologie, qui tirent parti de notre intégration croissante de ces outils dans notre vie quotidienne.

Ce que ça pourrait changer

Dans *L’homme de trop*, Antoine Dion-Ortega imagine un futur où l’IA a profondément transformé la création littéraire. Il décrit un monde où les lecteurs, incapables de distinguer les œuvres authentiques des productions générées par l’IA, se détournent progressivement des auteurs humains. Cette dystopie met en lumière les risques d’une société où la valeur accordée à l’art et à la créativité humaine est remise en question. L’auteur souligne que cette évolution s’est produite plus rapidement que prévu, avec l’affaire Thélyson Orélien servant d’exemple concret de cette transformation. Il reste critique face à cette tendance, estimant que l’IA menace des valeurs fondamentales de la culture et de l’expression artistique.

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