Une top-model défile pour Victoria's Secret six semaines après son accouchement : comment est-ce possible
Barbara Palvin a défilé pour Victoria’s Secret six semaines après son accouchement. Ni miracle ni exploit : les études situent son cas dans la variabilité normale, et rappellent que la silhouette n’est pas la guérison.
Le 18 octobre 2026, la top-model Barbara Palvin a participé à un défilé pour la marque Victoria’s Secret à Los Angeles, seulement six semaines après avoir donné naissance à sa fille. Ce retour rapide à la scène médiatique et professionnelle soulève des questions sur les capacités physiques des femmes après un accouchement. Les études scientifiques montrent que six semaines après l’accouchement, la récupération physique est loin d’être terminée pour la majorité des femmes. Cependant, chaque corps suit son propre rythme, et certains cas comme celui de Barbara Palvin se situent dans une variabilité normale. Une silhouette retrouvée ne signifie pas nécessairement que le corps est entièrement réparé ou guéri.
Une étude menée par Jorun Bakken Sperstad, de l’École norvégienne des sciences du sport, a suivi 300 femmes de leur première grossesse jusqu’à un an après l’accouchement. Les résultats, publiés dans le British Journal of Sports Medicine, révèlent qu’à six semaines après l’accouchement, quatre femmes sur dix ne présentaient aucun écartement des abdominaux, tandis que les six autres avaient un diastasis, une séparation des muscles abdominaux, généralement légère. Le diastasis est un phénomène courant après une grossesse, où les muscles droits de l’abdomen (les grands droits) s’écartent pour laisser place à l’utérus en expansion. Cette séparation peut persister plusieurs mois, voire plus, sans pour autant indiquer un problème de santé grave.
Barbara Palvin allaite sa fille, ce qui est souvent associé à une perte de poids plus rapide après l’accouchement. Cependant, une analyse menée par Charlotte Neville et ses collègues de l’université Queen’s de Belfast, publiée dans l’International Journal of Obesity, remet en cause cette croyance. Les données recueillies montrent que l’allaitement n’a pas d’effet significatif et systématique sur la perte de poids post-partum. Les chercheurs soulignent que d’autres facteurs, comme l’alimentation et l’activité physique, jouent un rôle bien plus déterminant dans la récupération physique.
Barbara Palvin attribue une partie de sa récupération rapide à une alimentation bio. Une étude dirigée par Hanne Torjusen, de l’Institut norvégien de santé publique, a analysé les habitudes alimentaires de milliers de femmes enceintes. Les résultats, publiés dans BMC Public Health, indiquent que les femmes consommant davantage de produits bio ont généralement une alimentation plus équilibrée et conforme aux recommandations nutritionnelles. Cependant, les chercheurs précisent qu’il est difficile d’attribuer un bénéfice spécifique au seul fait de consommer des produits bio, car ces femmes adoptent souvent d’autres comportements sains en parallèle.
La pratique d’une activité physique avant et après la grossesse est l’un des facteurs les plus étudiés pour faciliter la récupération post-partum. Une méta-analyse réalisée par Stephanie-May Ruchat et Michelle Mottola, des universités Western Ontario et de l’Alberta au Canada, et publiée dans le British Journal of Sports Medicine, montre que l’exercice physique pendant la grossesse est associé à une prise de poids moindre avant et après l’accouchement. Bien que cette étude ne cite pas explicitement le cas de Barbara Palvin, il est probable que son mode de vie actif ait contribué à sa récupération rapide. Cependant, aucune preuve directe ne lie son retour sur les podiums à cette pratique.
Une partie de la récupération post-partum semble dépendre de facteurs non mesurables, comme la génétique ou le hasard. Dans l’étude norvégienne, presque aucun facteur testé (âge, poids avant la grossesse, prise de poids pendant la grossesse, type d’accouchement, poids du bébé, pratique sportive) ne permettait de prédire la persistance d’un diastasis un an après l’accouchement. Seul le port fréquent de charges lourdes était faiblement associé à un risque accru. La génétique n’a pas été évaluée dans cette étude, laissant une part inexpliquée à la variabilité individuelle. Barbara Palvin évoque elle-même la chance comme un élément clé de sa récupération.
Une étude menée par Erica Gunderson et ses collègues de l’université de Californie à San Francisco a suivi le poids de jeunes mères. Les résultats, publiés dans l’*International Journal of Obesity and Related Metabolic Disorders*, révèlent qu’environ la moitié des kilos pris pendant la grossesse avait disparu six semaines après l’accouchement. Cette perte de poids précoce ne dépendait pas de la corpulence initiale des femmes. Cependant, les chercheurs précisent que cette perte ne signifie pas que le corps est entièrement rétabli, car d’autres aspects de la récupération, comme la tonicité musculaire ou la santé pelvienne, prennent plus de temps à se normaliser.

