87% des professionnels de la fonction publique ne voient pas de gain aux journées en présentiel
La politique gouvernementale, entrée en vigueur en janvier, établit une modalité de deux jours par semaine en télétravail..
En janvier 2026, le gouvernement québécois a mis en place une politique de télétravail pour les employés de la fonction publique. Cette politique impose un cadre précis : deux jours de travail à distance par semaine, le reste du temps se déroulant en présentiel au bureau. L’objectif affiché était d’offrir plus de flexibilité aux employés tout en maintenant un équilibre avec les besoins de collaboration et de présence physique. Cependant, cette mesure a suscité des réactions mitigées parmi les professionnels concernés, comme le révèle une enquête récente.
Un syndicat représentant les professionnels du gouvernement du Québec, le Syndicat des professionnel(le)s du gouvernement du Québec (SPGQ), a mené une enquête électronique auprès de ses membres en juin et juillet 2026. Sur les 5 896 répondants, une écrasante majorité de 87 % ont déclaré ne pas percevoir de bénéfices concrets aux journées en présentiel imposées par la nouvelle politique. Ce chiffre reflète un désaccord massif avec l’utilité de ces journées obligatoires en bureau. Les résultats montrent également que les employés ne voient aucun avantage dans plusieurs domaines clés : la collaboration au sein des équipes, la créativité et l’innovation, le transfert de connaissances entre collègues, ainsi que la qualité des relations avec les gestionnaires et les autres membres de l’équipe.
Les professionnels de la fonction publique québécoise estiment que la politique de télétravail n’a eu aucun effet sur cinq aspects majeurs de leur travail. Entre 78 % et 84 % des répondants partagent cette opinion pour chacun de ces points. Par exemple, 84 % des employés interrogés considèrent que la politique n’a pas amélioré la collaboration dans leur équipe, tandis que 82 % pensent qu’elle n’a pas favorisé la créativité ou l’innovation. De même, 79 % des répondants estiment que le transfert de connaissances entre collègues n’a pas été facilité par cette mesure. Enfin, 78 % des professionnels estiment que la qualité de leurs relations avec leurs gestionnaires n’a pas évolué, et 80 % partagent cette opinion concernant leurs relations avec leurs collègues.
L’enquête a été réalisée par le SPGQ, un syndicat qui représente les intérêts des professionnels travaillant dans l’administration publique québécoise. Les données recueillies auprès de 5 896 membres offrent un aperçu représentatif des opinions de cette catégorie de travailleurs. La politique de télétravail, entrée en vigueur en janvier 2026, a été conçue pour s’appliquer à l’ensemble de la fonction publique québécoise. Elle vise à encadrer le travail à distance tout en maintenant une présence minimale au bureau. Les résultats de l’enquête soulignent un écart entre les intentions du gouvernement et les perceptions des employés, mettant en lumière les défis liés à l’application de telles politiques dans un contexte professionnel complexe.

