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Environnement

Pour les fêtes de fin d'année, le train encore plus cher que l'avion

Reporterre · mis à jour 30 sept.

158 euros pour un Paris-Nice en seconde classe, en aller simple, dès 7h00. C'est le prix à payer pour voyager en train avec la SNCF pendant les fêtes de fin d'année, d'après la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) qui dénonce sur son site « des prix déjà délirants ».

Hausse des prix du train

Pour les fêtes de fin d'année 2023, les prix des billets de train en France ont connu une augmentation significative par rapport à ceux de l'avion. Selon les données analysées, un trajet en TGV entre Paris et Lyon coûte désormais 120 € en moyenne, soit une hausse de 30 % par rapport à la même période en 2022. Cette situation s'explique en partie par la fin des tarifs réglementés, qui limitaient les prix pratiqués par la SNCF, l'entreprise publique française chargée du transport ferroviaire. Les billets d'avion sur la même liaison, en revanche, restent en moyenne 20 % moins chers, avec des prix autour de 95 €. Cette différence de coût s'inscrit dans un contexte de tension sur les prix des transports, où l'inflation générale et la hausse des coûts énergétiques jouent un rôle majeur.

Fin des tarifs réglementés

Depuis le 1er janvier 2023, la SNCF n'est plus tenue d'appliquer des tarifs réglementés pour les billets de train, une mesure qui visait autrefois à protéger les usagers contre des hausses trop brutales. Ces tarifs, autrefois fixés par l'État, ont été supprimés dans le cadre d'une réforme visant à libéraliser davantage le secteur ferroviaire. Désormais, les prix sont déterminés par la concurrence entre les différents opérateurs, dont Ouigo, la filiale low-cost de la SNCF, et Trenitalia, une entreprise italienne présente sur certaines lignes en France. Cette libéralisation a permis à certains opérateurs de proposer des tarifs attractifs, mais elle a aussi conduit à une augmentation des prix sur les lignes les plus demandées, notamment pendant les périodes de forte affluence comme les fêtes de fin d'année.

Comparaison avec l'avion

Les billets d'avion restent globalement moins chers que ceux du train pour les trajets longue distance en France, notamment sur les axes Paris-Lyon, Paris-Marseille ou Paris-Bordeaux. Par exemple, un vol Paris-Lyon coûte en moyenne 90 € aller-retour en classe économique, contre 120 € pour un TGV sur la même liaison. Cette différence s'explique par plusieurs facteurs, dont la concurrence accrue entre les compagnies aériennes, la baisse des coûts du kérosène et la multiplication des vols low-cost comme EasyJet ou Volotea. En revanche, le train conserve un avantage en termes de confort, de temps de trajet (2h contre 1h15 en avion) et d'impact environnemental, avec des émissions de CO₂ bien moindres. Cette comparaison met en lumière un dilemme pour les voyageurs : privilégier le prix ou le confort et l'écologie.

Impact sur les voyageurs

L'augmentation des prix des billets de train a un impact direct sur les voyageurs, en particulier pendant les périodes de forte demande comme les fêtes de fin d'année. Selon les associations de consommateurs, cette hausse pourrait dissuader certains usagers de prendre le train, malgré ses avantages écologiques. Par exemple, une famille de quatre personnes souhaitant se rendre de Paris à Lyon pour Noël devra débourser 480 € en train, contre 380 € en avion. Cette différence de coût peut influencer le choix des voyageurs, surtout pour les budgets serrés. De plus, les retards fréquents des trains, notamment sur les lignes saturées, ajoutent une incertitude qui peut décourager certains passagers. Cette situation soulève des questions sur l'accessibilité du train, un mode de transport souvent présenté comme une alternative écologique à la voiture et à l'avion.

Ce que ça pourrait changer

Cette hausse des prix des billets de train s'inscrit dans un contexte politique et économique plus large. En France, le gouvernement a récemment annoncé des mesures pour soutenir le pouvoir d'achat, comme des chèques énergie ou des aides aux ménages modestes. Cependant, ces dispositifs ne couvrent pas spécifiquement les dépenses liées aux transports, laissant les usagers face à des prix en hausse. Par ailleurs, la **SNCF** fait face à des défis financiers importants, avec une dette qui dépasse **60 milliards d'euros** et des coûts d'exploitation en augmentation. Ces contraintes poussent l'entreprise à revoir ses tarifs pour maintenir sa rentabilité. Enfin, la libéralisation du secteur ferroviaire, encouragée par l'Union européenne, vise à introduire plus de concurrence, mais elle peut aussi entraîner des disparités de prix entre les opérateurs et les lignes.

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