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Viol collectif allégué à Cornell : un vote de défiance de professeurs contre la direction

ICI Radio-Canada · mis à jour 6 oct.

Une jeune femme dit avoir été droguée et violée, en 2024, par sept étudiants membres d'une association..

Viol collectif à Cornell

En 2024, une étudiante de 20 ans, surnommée Jane Doe par les médias, affirme avoir été victime d'un viol collectif sur le campus de l'Université Cornell, située à Ithaca dans l'État de New York aux États-Unis. Selon son témoignage, elle aurait été droguée puis agressée par sept étudiants membres d'une association étudiante masculine appelée une fraternity (en français, une association ou fraternité étudiante). Cette dernière est une organisation sociale et souvent festive, typique des universités américaines, où les membres vivent ensemble et organisent des événements. L'étudiante reproche à l'université d'avoir manqué à son devoir de protection et de ne pas avoir sanctionné suffisamment les présumés agresseurs. Certains ont été suspendus ou renvoyés, mais aucune accusation criminelle n'a été déposée contre eux à ce jour.

Manifestation et colère

Le 5 octobre 2026, plusieurs centaines d'étudiants, d'anciens élèves et de membres du personnel de Cornell ont manifesté sur le campus pour exprimer leur colère face à la gestion du dossier par l'administration universitaire. Les participants dénonçaient l'inaction de l'institution face aux agressions sexuelles répétées sur le campus. Certains étudiants ont confié aux professeurs avoir déjà été victimes d'agressions sexuelles, soulignant que ce problème n'est pas isolé. Les slogans scandés lors de la manifestation incluaient des revendications comme le bannissement des associations étudiantes masculines, jugées responsables de cultures favorisant les violences sexuelles. Une participante a souligné que, à mesure que davantage de victimes osent parler, le phénomène apparaît plus répandu qu'on ne le pensait.

Vote de défiance des professeurs

Au lendemain de la manifestation, le corps professoral de Cornell a annoncé l'organisation d'un vote de défiance contre la direction de l'université. Ce vote, prévu lors de la réunion du Sénat de la faculté le 14 octobre 2026, est largement symbolique mais envoie un message fort. Il reflète l'exaspération des enseignants face à l'inaction de l'administration dans la gestion des cas d'agressions sexuelles. Paul Ortiz, professeur d'histoire et membre du Sénat de la faculté, a déclaré que des centaines de personnes avaient interpellé les professeurs pour exiger des changements. Le vote vise à faire pression sur la direction pour qu'elle agisse concrètement, notamment en améliorant la prévention et la transparence dans le traitement des plaintes.

Réactions de la direction

Le président de Cornell, Michael Kotlikoff, a réagi aux événements en reconnaissant la gravité de la situation. Dans un message adressé à la communauté universitaire, il a exprimé sa tristesse et sa volonté d'améliorer la prévention des agressions sexuelles ainsi que la transparence dans la gestion des dossiers. Il a évoqué des questions troublantes liées à la culture festive, à la consommation d'alcool et de drogues sur le campus. Pour aller plus loin, l'université a annoncé avoir embauché Sally Yates, une ancienne procureure générale adjointe des États-Unis, afin de mener un examen indépendant sur les mesures de prévention et de traitement des plaintes. Par ailleurs, la gouverneure de New York, Kathy Hochul, a décidé de confier l'enquête pénale au procureur général de l'État.

Critiques et attentes des étudiants

Malgré les annonces de la direction, de nombreux étudiants restent sceptiques et expriment leur déception. Un étudiant présent à la manifestation a déclaré que l'administration avait « profondément déçu » et que les mesures annoncées ne suffisaient pas. Les étudiants demandent des actions concrètes plutôt que des « déclarations creuses et des promesses vides de sens ». Une étudiante a souligné que la priorité devait être la protection des survivants et non la réputation de l'institution. Le mouvement de protestation continue avec un sit-in de sept heures prévu le 7 octobre 2026 en solidarité avec Jane Doe. Les revendications incluent également une meilleure prise en charge des victimes et une remise en question des structures comme les fraternities, souvent pointées du doigt pour leur rôle dans les violences sexuelles.

Ce que ça pourrait changer

Les associations étudiantes masculines, appelées *fraternities*, sont au cœur des débats sur les violences sexuelles dans les universités américaines. Selon l'auteur John Hechinger, dans son livre *True Gentlemen: The Broken Pledge of America’s Fraternities*, les membres d'une association féminine (*sorority*) ont 74 % plus de risques d'être victimes d'un viol que les autres étudiantes. Hechinger explique que ces associations organisent souvent des fêtes dans leurs maisons, où la consommation d'alcool et de drogues est fréquente. Ces événements favorisent un environnement où la *masculinité toxique* et l'*omerta* (loi du silence) règnent, rendant les femmes vulnérables. Les *fraternities* sont donc souvent associées à des cultures favorisant les agressions sexuelles et l'impunité des agresseurs.

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