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Pourquoi septembre nous donne soudain envie de reprendre le sport — et pourquoi cette motivation risque de vite retomber

Science & Vie · mis à jour il y a 15 j

Un biais cognitif baptisé « effet du nouveau départ » transforme chaque rentrée en déclencheur d'ambitions sportives. Mais l'élan initial s'effrite souvent avant la fin de l'automne..

Septembre, mois des bonnes résolutions

Chaque année, avec l'arrivée de septembre, une grande partie de la population ressent un regain de motivation pour reprendre une activité sportive. Ce phénomène s'explique par plusieurs facteurs psychologiques et sociaux. D'abord, la rentrée scolaire et professionnelle marque un nouveau départ, souvent perçu comme une opportunité de changement. Les médias et les réseaux sociaux amplifient cette tendance en mettant en avant des défis sportifs ou des campagnes de sensibilisation à la santé. De plus, les températures plus fraîches rendent les efforts physiques moins éprouvants qu'en plein été, où la chaleur peut décourager. Enfin, les objectifs collectifs, comme les challenges entre collègues ou amis, renforcent cette dynamique. Cependant, cette motivation est souvent temporaire et liée à un contexte spécifique plutôt qu'à une réelle transformation des habitudes de vie.

Le cerveau en mode 'nouveau départ'

Ce regain d'énergie sportive s'appuie sur des mécanismes cérébraux bien documentés. Le cerveau humain est particulièrement réceptif aux effets de cadrage temporel, c'est-à-dire aux moments où il perçoit un changement de cycle, comme le passage d'une saison ou d'une période de l'année. Septembre, associé à la rentrée, active cette perception de nouveau départ, stimulant la production de dopamine, un neurotransmetteur lié à la motivation et à la récompense. Les neurosciences montrent que cette dopamine favorise l'adoption de nouveaux comportements, comme l'inscription en salle de sport ou l'achat d'équipements. Toutefois, cette impulsion initiale ne garantit pas une persévérance à long terme, car elle repose souvent sur un effet de mode plutôt que sur une stratégie durable.

Les pièges de la motivation éphémère

Malgré cette énergie soudaine, les statistiques révèlent que près de 80 % des personnes qui reprennent le sport en septembre abandonnent avant la fin de l'année. Plusieurs raisons expliquent cet échec. D'abord, les objectifs fixés sont souvent trop ambitieux ou mal définis, comme vouloir courir un marathon en trois mois sans préparation. Ensuite, le manque de résultats immédiats peut décourager, car les bénéfices physiques (perte de poids, amélioration de la condition) mettent plusieurs semaines à apparaître. Enfin, les contraintes du quotidien, comme le manque de temps ou les imprévus, reprennent rapidement le dessus. Les experts soulignent que la motivation intrinsèque, c'est-à-dire le plaisir de l'activité elle-même, est bien plus durable que la motivation extrinsèque, liée à des facteurs externes comme la rentrée ou les réseaux sociaux.

Comment transformer l'essai en septembre

Pour éviter que la motivation de septembre ne s'évanouisse, les spécialistes recommandent des stratégies concrètes. D'abord, il est conseillé de fixer des objectifs SMART (spécifiques, mesurables, atteignables, réalistes et temporellement définis), comme marcher 30 minutes par jour plutôt que de vouloir perdre 10 kg en un mois. Ensuite, intégrer le sport dans une routine quotidienne, par exemple en se rendant à pied au travail ou en participant à des cours collectifs, augmente les chances de pérenniser l'habitude. Les applications de suivi ou les groupes de soutien, comme ceux proposés par certaines salles de sport, peuvent aussi jouer un rôle clé. Enfin, il est important de célébrer les petites victoires pour maintenir l'engagement, car chaque progrès, même minime, renforce la motivation à long terme.

Ce que ça pourrait changer

Les plateformes comme Instagram ou TikTok amplifient le phénomène de la motivation sportive de septembre. Les *influenceurs* et les marques de sport y partagent des défis, des témoignages ou des conseils, créant une pression sociale pour suivre le mouvement. Par exemple, des hashtags comme #SeptembreSansExcuse ou #RentréeSportive deviennent viraux, incitant les utilisateurs à s'inscrire à des abonnements ou à acheter du matériel. Cependant, cette exposition constante peut aussi générer un sentiment d'échec chez ceux qui ne parviennent pas à tenir leurs promesses, renforçant ainsi l'abandon. Les psychologues alertent sur le risque de *comparaison sociale*, où les utilisateurs évaluent leurs performances à l'aune de celles des autres, souvent idéalisées par les filtres et les montages vidéo.

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