Universités : l’Asie fait son entrée dans le classement mondial
Dans le classement 2027 du “Times Higher Education”, trois universités asiatiques entrent pour la première fois dans le top 15. Explications sur les grands bouleversements de l’éducation supérieure dans le monde..
Le Times Higher Education a publié en octobre 2026 son classement des meilleures universités mondiales pour l’année 2027. Ce classement analyse 2 297 universités issues de 118 pays et territoires. Pour la première fois, trois universités asiatiques intègrent le top 15. Oxford conserve la première place, suivie de près par le Massachusetts Institute of Technology (MIT). Ce classement révèle une évolution majeure : l’Asie gagne du terrain face aux traditionnels bastions anglo-saxons. Par exemple, l’université Tsinghua, située à Pékin en Chine, dépasse désormais l’ETH Zurich, considérée comme la meilleure université d’Europe continentale. Cette progression marque un tournant dans la hiérarchie mondiale de l’enseignement supérieur.
L’Asie se distingue dans ce classement grâce à une stratégie de financement public ciblée et une montée en puissance de ses infrastructures de recherche. Trois universités asiatiques font leur entrée dans le top 15, une première historique. Tsinghua, en Chine, est désormais classée devant l’ETH Zurich, symbole de la domination européenne en matière d’éducation supérieure. Cette performance s’explique par des investissements massifs dans la recherche et l’innovation, ainsi que par une attractivité croissante pour les étudiants et les chercheurs internationaux. Les universités asiatiques bénéficient également de financements publics stables, contrairement à certains modèles occidentaux qui dépendent davantage de fonds privés, souvent assortis de contraintes limitant leur efficacité.
Les universités américaines et britanniques, bien que toujours dominantes dans le classement, voient leur position se fragiliser. Leur avantage repose principalement sur leur réputation historique, mais leur financement et la qualité de leur recherche déclinent progressivement. Par exemple, le Times Higher Education souligne que ces établissements peinent à maintenir leur excellence face à la concurrence asiatique. En France, la situation est encore plus préoccupante : le pays ne compte plus que trois universités dans le top 200, contre cinq l’année précédente. Cette baisse reflète des difficultés structurelles, notamment un manque de financements publics suffisants pour rivaliser avec les grandes nations éducatives.
Selon Simon Marginson, professeur à l’université de Bristol, la performance durable des universités repose sur des financements publics adéquats. Les fonds privés, bien que parfois abondants, sont souvent accompagnés de conditions restrictives qui limitent leur impact. Ming Chen, professeure à l’université Sheffield Hallam, ajoute que les universités subissent une pression croissante pour adopter un modèle économique proche de celui des entreprises, afin de faire face à la hausse des coûts. Cependant, ce modèle a montré ses limites, notamment en raison de son incapacité à garantir une qualité optimale de la recherche et de l’enseignement. Les pays comme la France tentent de compenser ces difficultés en fusionnant des établissements pour créer des méga-universités plus compétitives.
Depuis vingt ans, l’Asie développe des cités de l’éducation, des zones dédiées à l’implantation d’universités étrangères. Ces sites, souvent subventionnés et équipés d’infrastructures modernes, visent à attirer des campus occidentaux pour stimuler l’innovation et l’émulation académique. On en trouve à Doha (Qatar), Dubaï (Émirats arabes unis), Incheon (Corée du Sud) ou encore Iskandar Puteri (Malaisie). Cependant, leur bilan est mitigé. Par exemple, le campus international d’Incheon en Corée du Sud, qui devait accueillir 10 000 étudiants, n’en comptait que 4 000 en 2024. L’université Stanford a quitté ce site, tandis que l’université A&M du Texas quittera le Qatar d’ici 2028. Ces échecs s’expliquent par des sites excentrés, un manque d’attractivité pour les étudiants et des financements publics en baisse.
Les résultats du classement 2027 montrent que ni le prestige ni les infrastructures ne suffisent à garantir la pérennité d’une université de haut niveau. Les financements publics restent un pilier essentiel pour maintenir l’excellence académique et la recherche. Les pays qui réussissent sont ceux qui investissent durablement dans leur système éducatif, comme en Asie. À l’inverse, les modèles reposant sur des fonds privés ou des partenariats fragiles peinent à s’imposer. Pour les universités occidentales, cette évolution représente un défi majeur, tandis que les pays asiatiques confirment leur ascension comme nouvelles puissances éducatives mondiales.

