Que promettent les partis politiques du Québec pour les aînés?
L’amélioration des soins à domicile a compté parmi les engagements ayant la plus forte incidence budgétaire..
Les aînés forment un groupe de plus en plus important au Québec, tant par leur nombre croissant que par leur participation élevée aux élections. Cette influence explique pourquoi les partis politiques accordent une attention particulière à leurs revendications lors des campagnes électorales. Les organisations comme l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR) jouent un rôle clé en défendant leurs intérêts, notamment en matière de santé, de logement et de mobilité. Les partis promettent des mesures ciblées, mais selon l’AQDR, ces engagements restent insuffisants face à l’ampleur des besoins liés au vieillissement rapide de la population. Par exemple, le Québec compte déjà plus de 1,8 million de personnes âgées de 65 ans et plus, un chiffre qui devrait continuer d’augmenter dans les décennies à venir.
L’amélioration des soins à domicile est la principale promesse des partis politiques en faveur des aînés. Ces soins permettent aux personnes âgées de rester chez elles plutôt que dans des établissements comme les CHSLD (Centres d’hébergement et de soins de longue durée), ce qui est souvent préféré par les aînés et leurs familles. Plusieurs partis proposent des investissements massifs : le Parti québécois (PQ) promet 1,3 milliard d’euros supplémentaires sur quatre ans, le Parti libéral du Québec (PLQ) 700 millions, la Coalition avenir Québec (CAQ) 1 milliard, et Québec solidaire (QS) 750 millions dès cette année. QS vise même à faire passer de 15 % à 60 % la part des soins de longue durée offerts à domicile d’ici 10 ans. Le Parti conservateur du Québec propose une allocation de 624 millions sur cinq ans, permettant aux aînés de choisir eux-mêmes leurs prestataires de soins.
Plusieurs partis proposent des mesures fiscales pour soutenir les aînés, notamment ceux à revenu modeste. La CAQ annonce une augmentation du crédit d’impôt remboursable de 2 000 $ à 2 200 $ et relève le seuil de revenu imposable pour les travailleurs de 65 ans et plus à 35 000 $. Elle cible aussi les métiers en pénurie de main-d’œuvre, comme ceux d’enseignant, d’infirmière ou de préposé aux bénéficiaires. Le PLQ ne mentionne pas de hausse générale des revenus, mais propose des exceptions pour les résidences pour personnes âgées. Le PQ évoque un crédit d’impôt pour le maintien à domicile, tandis que QS souhaite rendre le transport collectif gratuit pour les aînés, une mesure qui pourrait réduire leurs dépenses quotidiennes.
L’accès à un logement abordable est un enjeu majeur pour les aînés, dont les revenus sont souvent fixes. Le PLQ promet la construction de 40 000 logements sociaux et abordables en cinq ans, avec une part réservée aux personnes vulnérables. Le PQ propose une aide financière de 10 000 $ pour transformer une propriété en maison intergénérationnelle, permettant à des familles et des aînés de cohabiter. La CAQ s’engage à construire 2 000 logements abordables pour aînés et à offrir un crédit d’impôt de 7 500 $ aux familles qui adaptent leur résidence pour accueillir un proche âgé. Ces mesures visent à faciliter le maintien à domicile ou à réduire les coûts liés au logement.
Outre les investissements financiers, certains partis proposent des réformes structurelles. **QS** souhaite remplacer les **CHSLD** par des **résidences locales de soins**, gérées par les familles, les bénéficiaires et la communauté, sur le modèle des **CPE** (Centres de la petite enfance). Cette approche vise à humaniser les soins et à favoriser l’inclusion sociale. Cependant, l’AQDR, une organisation de défense des aînés, estime que ces promesses restent insuffisantes. Son président, Pierre Lynch, souligne que les partis manquent de **visions d’ensemble** pour répondre aux défis démographiques du Québec, où la part des aînés devrait continuer de croître rapidement dans les années à venir.

