Toujours souverainiste, Christine Fréchette? «Ça n’a pas d’importance»
La cheffe de la CAQ est accusée par son adversaire libéral d’être « opportuniste » sur la question nationale..
Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), a déclaré que sa position personnelle sur la souveraineté du Québec n’a pas d’importance. Elle a refusé de préciser si elle est souverainiste (partisane de l’indépendance du Québec) ou fédéraliste (partisane du maintien du Québec au sein du Canada), arguant que cette question n’est pas pertinente. Selon elle, le Québec ne doit pas entamer de démarche référendaire pour l’instant, en raison des crises économiques et sociales actuelles comme la pandémie ou les guerres tarifaires. Ces événements, selon elle, rendent le moment inopportun pour une telle consultation. Elle a également critiqué ses anciens collègues du Parti québécois (PQ) pour avoir analysé ses décisions sous l’angle de leur impact sur un éventuel référendum, soulignant que cette grille d’analyse ne devrait pas guider l’action politique.
Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a accusé Christine Fréchette d’être opportuniste sur la question nationale. Il lui reproche de ne pas assumer clairement ses convictions, qu’il suppose être fédéralistes, et de se cacher derrière une position collective pour éviter de répondre aux questions personnelles. Milliard a déclaré que si l’on fait de la politique, il faut assumer ses convictions et ne pas les laisser « au vestiaire ». Il a qualifié cette attitude de honteuse et de sans bon sens, estimant que Fréchette laisse planer le doute sur ses allégeances réelles. Ces accusations s’inscrivent dans le cadre des élections québécoises de 2026, où la question de la souveraineté est un enjeu central.
Christine Fréchette a travaillé comme directrice adjointe de cabinet pour le ministre des Relations internationales Jean-François Lisée entre 2012 et 2014, sous un gouvernement péquiste. Elle a admis avoir changé d’avis sur la tenue d’un référendum, estimant que les crises récentes (pandémie, guerres tarifaires) rendent le moment inapproprié. Jean-François Lisée, toujours souverainiste selon ses propres dires, a contesté ses propos, affirmant qu’il n’était pas ministre d’un gouvernement engagé à tenir un référendum pendant son mandat. Il a souligné que son équipe et lui travaillaient avant tout dans l’intérêt du Québec, sans que la question référendaire ne guide systématiquement leurs décisions. Fréchette a rejeté cette interprétation, affirmant que ses décisions n’étaient pas motivées par des considérations référendaires.
Christine Fréchette a insisté sur le fait que la CAQ forme une coalition regroupant des membres aux positions variées, certains plus enclins vers la souveraineté et d’autres vers le fédéralisme. Malgré ces divergences, tous s’accordent à dire qu’il n’est pas le moment de lancer une démarche référendaire. Elle a également exclu tout appui au Parti québécois (PQ) en cas de gouvernement minoritaire, affirmant que les députés caquistes ne soutiendront pas une telle initiative. Cette position a été confirmée lors de l’émission Cinq chefs, une élection sur Radio-Canada, où elle a réitéré que la priorité est de gérer les crises actuelles plutôt que de relancer le débat sur l’indépendance.
Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois, a déclaré qu’il appliquerait son programme dans un gouvernement minoritaire en cherchant des appuis en dehors de son parti, sans préciser comment. Charles Milliard, chef du PLQ, a accusé Fréchette de semer la *confusion* en refusant de clarifier ses convictions, tout en insistant sur l’importance pour un leader politique d’assumer ses idées. Milliard a également affirmé qu’un vote pour la CAQ équivaudrait à un vote pour un référendum, une interprétation contestée par Fréchette. Ces échanges illustrent les tensions autour de la question nationale à l’approche des élections de 2026, où chaque parti tente de définir sa position face à ce débat historique.

