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Généraliste

Un collectif interpelle les partis politiques pour la gratuité des transports en commun

Le Devoir · mis à jour 9 sept.

Les Assoiffé.e.s de justice ont organisé un «sit-in» à la station Berri-UQAM en pleine heure de pointe..

Manifestation pour la gratuité

Un collectif nommé Les Assoiffé.e.s de justice a organisé un sit-in (manifestation assise) à la station de métro Berri-UQAM à Montréal, en pleine heure de pointe, pour réclamer la gratuité des transports en commun. Environ quinze militants, vêtus de vêtements noirs et de masques blancs, ont bloqué temporairement le quai de la ligne verte en direction d’Angrignon. Ils ont brandi des pancartes avec des messages comme Mobilité = liberté, pas d’argent pas de transport et se déplacer est un droit. Ce collectif, qui regroupe des citoyens en situation de précarité, dénonce l’exclusion sociale des personnes incapables de payer leurs passages de transport en commun, les empêchant d’accéder à des services essentiels comme les rendez-vous médicaux, les banques alimentaires ou leur lieu de travail.

Discrimination silencieuse

Isabelle Mailloux-Béique, organisatrice communautaire à l’Association coopérative d’économie familiale du nord de Montréal et membre du collectif, explique que les personnes en situation de précarité subissent une discrimination silencieuse en raison du coût des transports en commun. Selon elle, ces individus sont exclus de la société car ils ne peuvent pas se déplacer pour des besoins fondamentaux, ce qui les isole davantage. Le collectif souligne que cette situation est particulièrement critique pour les personnes recevant des prestations d’aide sociale, comme Frédéric Mailhot-Houde, un membre du collectif souffrant d’insuffisance rénale, qui a dû annuler des rendez-vous médicaux pendant la pandémie faute de moyens financiers.

Demande aux partis politiques

Le collectif Les Assoiffé.e.s de justice exige des partis politiques en campagne électorale au Québec qu’ils s’engagent à rendre les transports en commun gratuits pour tous. Ils estiment que cette mesure coûterait environ un milliard d’euros par an et permettrait de répondre à une urgence sociale en offrant une mobilité accessible à tous. Isabelle Mailloux-Béique affirme que l’absence de financement n’est pas une question de ressources, mais de choix politique. Le collectif rappelle que les partis politiques devraient intégrer cette mesure dans leurs promesses électorales, alors que la question de l’accès au transport en commun est actuellement absente des débats.

Urgence climatique

Outre l’urgence sociale, le collectif met en avant les bénéfices écologiques de la gratuité des transports en commun. Frédéric Mailhot-Houde souligne que cette mesure encouragerait la population à abandonner leur voiture individuelle, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre. Selon lui, cela contribuerait à lutter contre le changement climatique. Le collectif s’appuie sur des données de la Communauté métropolitaine de Montréal, publiées en 2024, qui estiment que la facture de la congestion routière dans la métropole pourrait atteindre dix milliards d’euros d’ici 2030. Pour eux, le statu quo actuel est coûteux et inefficace.

Ce que ça pourrait changer

Le collectif avance que la gratuité des transports en commun représente une solution économique viable. Isabelle Mailloux-Béique rappelle que le coût annuel de cette mesure, estimé à un milliard d’euros, est bien inférieur aux dépenses engendrées par la congestion routière. Elle cite des chiffres montrant que les pertes économiques liées à la congestion pourraient atteindre dix milliards d’euros d’ici 2030 à Montréal. Pour le collectif, investir dans la gratuité des transports en commun est donc un choix rationnel, tant sur le plan social qu’économique, qui permettrait de réduire les inégalités et d’améliorer la qualité de vie des citoyens.

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