Encore un problème de moteurs : finalement, SpaceX reporte le treizième vol d’essai du Starship
Le lancement du Starship de SpaceX, prévu dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026, a été annulé à la dernière seconde. Certains moteurs n'ont pas pu s'allumer et vont être remplacés.
Le treizième vol d’essai de la fusée Starship de SpaceX, prévu dans la nuit du 16 au 17 juillet 2026, a été annulé à la dernière seconde. Quatre des moteurs Raptor du booster Super Heavy ne se sont pas allumés, déclenchant un arrêt automatique du lancement. Ce contretemps est qualifié de scrubbed dans le jargon spatial, c’est-à-dire reporté après une tentative avortée. Elon Musk, PDG de SpaceX, a expliqué sur X (anciennement Twitter) que le problème venait d’un dysfonctionnement du carburant, qui ne s’est pas déchargé correctement. Une nouvelle tentative est envisagée dans les jours suivants, après le remplacement de deux moteurs par mesure de précaution.
Les moteurs Raptor posent un défi majeur pour SpaceX. Lors du douzième vol, déjà, les moteurs ne s’étaient pas déclenchés comme prévu dans l’espace, empêchant la manœuvre de l’étage supérieur. Ce treizième vol devait justement corriger ces défauts, mais l’échec actuel rappelle les difficultés persistantes. Les objectifs initiaux, comme le retour des deux étages dans la mer sans récupération, sont mis de côté pour se concentrer sur la fiabilité des moteurs. Ces problèmes ont aussi un impact financier : l’action de SpaceX, déjà en baisse, est passée de 132 $ à 127 $ après l’annulation, contre plus de 200 $ lors de son entrée en Bourse. Le groupe mise sur ce vol pour prouver sa capacité à atteindre l’orbite.
Malgré ces échecs, ce treizième vol introduit une nouveauté : le Starship embarque de vrais satellites Starlink, une première pour cette fusée. Ces satellites, conçus pour une durée de vie très courte, ont pour mission de prendre des images de la fusée, de tester des connexions avec les stations au sol et avec le reste de la constellation Starlink. Cependant, leur utilité reste limitée, car ils seront détruits en brûlant dans l’atmosphère après leur mission. Cette expérience vise à valider des technologies avant des applications plus ambitieuses, comme le déploiement de la constellation Starlink ou d’autres missions spatiales.
Le report du lancement intervient dans un contexte économique tendu pour SpaceX. L’entreprise, cotée en Bourse depuis peu, subit une pression accrue des investisseurs et du marché. Les actions du groupe, déjà en baisse avant l’annulation, ont chuté de 5 $ supplémentaires, reflétant les doutes sur la capacité de SpaceX à tenir ses promesses. Le coût élevé des développements, estimé à plus de 800 milliards de dollars en un mois selon l’article, pèse sur la confiance des marchés. SpaceX doit donc rapidement résoudre les problèmes techniques pour rassurer ses actionnaires et poursuivre ses ambitions spatiales, notamment le déploiement de la constellation Starlink et les missions habitées vers Mars.
SpaceX prévoit une nouvelle tentative de lancement dans les prochains jours, sous réserve de résoudre les problèmes techniques identifiés. L’entreprise devra notamment s’assurer que les quatre moteurs défectueux du *Super Heavy* sont bien remplacés et que le système de carburant fonctionne correctement. Si ce vol réussit, le *Starship* pourrait enfin atteindre l’orbite, une étape clé pour valider sa conception. En cas d’échec répété, les retards pourraient s’accumuler et impacter le calendrier des missions futures, notamment celles liées à la constellation *Starlink* ou aux projets lunaires et martiens. L’enjeu est donc double : technique et financier.

