Coupe du Monde : la diffusion du match France-Espagne sera coupée en direct ce soir
Une grosse menace pour tous les utilisateurs de services pirates..
Pour lutter contre le piratage des matchs de la Coupe du Monde, une nouvelle méthode de blocage est déployée en France. Il s’agit du blocage en temps réel des adresses IP des serveurs illicites qui diffusent les matchs en streaming pirate. Cette technique vise à suspendre immédiatement les flux pirates, empêchant ainsi leur accès aux utilisateurs. Les acteurs impliqués sont les diffuseurs officiels comme M6 et beIN Sports, les fournisseurs d’accès à Internet (FAI), ainsi que l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), qui supervise l’ensemble du dispositif. L’objectif est de rendre impossible la réplication rapide des plateformes pirates, car une fois le serveur principal bloqué, il est plus difficile de créer de nouvelles adresses de diffusion.
Le processus repose sur trois étapes clés. D’abord, les ayants droit (comme les chaînes de télévision) détectent les services pirates et signalent leurs adresses IP à l’Arcom. Ensuite, les FAI reçoivent ces demandes et bloquent l’accès à ces adresses pour leurs abonnés. Enfin, l’Arcom vérifie que les blocages sont appliqués correctement. Pauline Combredet-Blassel, directrice générale adjointe de l’Arcom, explique que cette méthode permet de toucher directement la source du piratage, rendant la création de nouvelles plateformes pirates plus complexe. En Espagne, où des blocages similaires existent, jusqu’à 10 000 adresses pirates sont bloquées chaque jour pendant les championnats, contre environ 400 par an en France avant cette mesure.
Les diffuseurs officiels, comme beIN Sports, soutiennent fermement cette initiative. Sarah D’Arifat, directrice juridique de la chaîne, souligne que la France pourrait s’inspirer de l’Espagne, où les blocages sont automatisés et plus rapides. Elle estime que l’Espagne bloque 10 000 adresses pirates en une seule journée de championnat, un volume que la France n’atteint pas en une année. Cependant, beIN Sports et les législateurs français souhaitent aller plus loin en automatisant ces blocages, sans intervention humaine, pour gagner en efficacité. Une proposition de loi en ce sens sera examinée à l’Assemblée nationale dans trois semaines.
Malgré ses avantages, cette méthode présente des risques. Un même serveur peut héberger à la fois des sites pirates et des plateformes légales, ce qui expose ces dernières à des coupures injustifiées. En Espagne, des blocages ont déjà touché des sites légitimes, soulevant des questions sur la liberté d’information, d’expression et d’entreprise. Ofelia Tejerina, avocate et présidente de l’Association des utilisateurs d’Internet, dénonce une atteinte aux droits fondamentaux. Elle souligne que ces mesures peuvent affecter des services indispensables aux citoyens, comme des sites gouvernementaux ou des plateformes éducatives, en cas de blocage accidentel d’un serveur partagé.
Ce soir, lors du match France-Espagne, les abonnés des services de streaming pirate pourraient voir leur diffusion interrompue en plein direct. Les utilisateurs de ces plateformes risquent de subir un écran noir, notamment lors des moments clés du match comme les penalties. Les autorités espèrent ainsi réduire la fréquentation des sites illégaux et inciter les spectateurs à se tourner vers les diffuseurs officiels. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large visant à protéger les droits de diffusion et à lutter contre le piratage pendant la Coupe du Monde 2026.

