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Les femmes souffrent plus que les hommes, tout au long de leur vie et dans l’ensemble du corps, révèle une vaste mondiale

Presse-Citron · mis à jour 6 oct.

Une nouvelle étude mondiale visant à mieux comprendre l’impact de la douleur met au jour une réalité glaçante : les femmes ressentent plus de douleur que les hommes, mais leur prise en charge reste trop souvent inadaptée..

Étude mondiale sur la douleur

Une étude publiée en octobre 2026 dans la revue Nature Medicine a analysé les données de plus de 6 millions de personnes, âgées de 5 à plus de 100 ans, issues de 118 pays sur trois décennies. Cette recherche visait à comprendre comment la douleur se manifeste différemment selon le sexe, l’âge et la situation socio-économique. Les résultats révèlent que les femmes déclarent ressentir plus de douleurs que les hommes, et ce, sur l’ensemble des 11 zones anatomiques étudiées. Les écarts les plus marqués concernent les douleurs au visage (83 % de risques supplémentaires), les maux de tête (74 %) et les douleurs abdominales (60 %). Cette étude est l’une des plus vastes jamais réalisées sur le sujet et met en lumière une réalité souvent ignorée.

Douleur et âge

Les différences entre hommes et femmes en matière de douleur sont particulièrement visibles avant l’âge de 55 ans. Cette période correspond souvent à une accumulation de responsabilités professionnelles, familiales et reproductives, ce qui rend la charge de la douleur encore plus pesante au quotidien. Les chercheurs soulignent que cette vulnérabilité accrue coïncide avec des phases de la vie où les femmes sont souvent soumises à des pressions multiples, amplifiant ainsi l’impact de la souffrance physique. Cette observation confirme que la douleur n’est pas un phénomène uniforme, mais qu’elle varie en fonction des étapes de la vie et des contextes sociaux.

Sous-estimation médicale

Malgré des niveaux de souffrance plus élevés, les douleurs ressenties par les femmes sont fréquemment minimisées ou attribuées à des causes psychologiques. Cette sous-estimation médicale entraîne des retards de diagnostic et des prises en charge moins adaptées. Par exemple, des pathologies comme l’endométriose, la polyarthrite rhumatoïde ou les migraines menstruelles, bien que très douloureuses, restent sous-étudiées et mal comprises. Les femmes ont également plus de risques de décéder d’un infarctus en raison de symptômes différents, d’une prise en charge retardée et de biais de décision dans le milieu hospitalier. Ces inégalités soulignent l’importance de mieux former les professionnels de santé et d’adapter les protocoles médicaux.

Précarité et douleur

L’étude révèle un lien clair entre la précarité économique et l’intensité des douleurs ressenties par les femmes. En effet, les femmes en situation de précarité déclarent davantage de douleurs que celles disposant de ressources stables. Ce phénomène s’explique par des conditions de vie plus difficiles, un accès limité aux soins et un stress accru, qui aggravent la perception de la douleur. Les chercheurs insistent sur la nécessité de prendre en compte ces facteurs socio-économiques pour améliorer la santé des femmes et réduire les inégalités. Cette dimension souligne que la douleur n’est pas seulement une question médicale, mais aussi sociale.

Ce que ça pourrait changer

Pour réduire les écarts de prise en charge, les experts comme Andrew Horne, directeur du Centre pour la santé reproductive de l’université d’Édimbourg, appellent à plusieurs mesures. Ils recommandent de prendre au sérieux la souffrance des femmes en milieu hospitalier, d’analyser systématiquement les données par sexe, de financer davantage la recherche sur les causes biologiques et sociales des douleurs féminines, et de développer des traitements plus efficaces et mieux adaptés. Ces propositions visent à corriger les biais existants et à garantir une prise en charge équitable, quel que soit le sexe du patient. Les chercheurs insistent sur l’urgence d’agir pour combler ces inégalités.

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