Israël : une campagne électorale à l'ombre du 7 octobre
À l'approche des commémorations du 7-Octobre et d'élections législatives décisives, Benyamin Netanyahou est fragilisé par une série de révélations. Quel paysage politique se dessine aujourd'hui à Tel-Aviv ? Et au milieu des fractures sécuritaires et sociétales, quel sujet pèsera dans les urnes ?.
Israël se prépare à des élections législatives décisives dans un climat politique et social extrêmement tendu, marqué par les commémorations du 7 octobre, date anniversaire des attaques du Hamas en 2023. Ces élections surviennent alors que le Premier ministre Benyamin Netanyahou, au pouvoir depuis plusieurs années, voit sa position fragilisée par une série de révélations et de critiques. Le paysage politique israélien est profondément divisé, entre fractures sécuritaires liées à la gestion du conflit avec le Hamas et les Palestiniens, et divisions sociétales internes. Les enjeux de sécurité, de paix et de cohésion nationale dominent cette campagne, dans un contexte où la mémoire des victimes du 7 octobre reste omniprésente.
Le 7 octobre 2023, le Hamas, mouvement islamiste palestinien contrôlant la bande de Gaza, a lancé une attaque surprise contre Israël depuis ce territoire. Des milliers de roquettes ont été tirées, et des combattants du Hamas ont pénétré en Israël, tuant environ 1 200 personnes et prenant en otage plus de 200 autres. Cet événement a déclenché une guerre entre Israël et le Hamas, entraînant des milliers de morts des deux côtés et une crise humanitaire à Gaza. Les commémorations de cette date en 2026 coïncident avec une période électorale cruciale pour Israël, où la gestion de ce conflit pèse lourdement sur les débats politiques.
Benyamin Netanyahou, surnommé Bibi, est Premier ministre d'Israël depuis plusieurs mandats, mais son leadership est aujourd'hui contesté. Plusieurs révélations récentes ont ébranlé sa crédibilité, notamment des critiques sur sa gestion de la guerre contre le Hamas, des accusations de corruption persistantes et un mécontentement croissant au sein de la population israélienne. Son parti, le Likoud, est en difficulté face à une opposition qui capitalise sur ces faiblesses. Les sondages indiquent une perte de soutien pour Netanyahou, dont la survie politique dépendra en grande partie de sa capacité à répondre aux attentes sécuritaires et économiques des Israéliens.
La société israélienne est profondément divisée sur plusieurs plans. D'abord, sur le plan politique, entre ceux qui soutiennent une ligne dure contre le Hamas et les Palestiniens, et ceux qui prônent une solution négociée pour la paix. Ensuite, sur le plan religieux, avec des tensions entre laïcs et religieux, et sur le plan ethnique, entre Juifs ashkénazes et séfarades. Ces fractures sont exacerbées par la guerre en cours, qui a creusé les inégalités sociales et accru les tensions communautaires. Les experts soulignent que ces divisions pourraient influencer le vote lors des élections, avec un risque de polarisation accrue.
La sécurité est le thème central de cette campagne électorale. Les Israéliens attendent des candidats qu'ils garantissent leur protection face aux menaces extérieures, notamment du Hamas et du Hezbollah, un autre groupe armé basé au Liban. La question de la libération des otages détenus à Gaza depuis le 7 octobre 2023 reste également un sujet brûlant. Les partis politiques proposent des approches différentes : certains prônent une escalade militaire, d'autres une stratégie diplomatique pour éviter une guerre prolongée. La crédibilité des candidats sur ce sujet pourrait déterminer leur succès aux urnes.
L'émission *Affaires étrangères* sur France Culture a réuni quatre experts pour analyser cette campagne électorale. Sylvaine Bulle, sociologue spécialiste du conflit israélo-palestinien, a publié en 2026 un ouvrage intitulé *Israël après le 7 octobre*, explorant les conséquences sociales et politiques de la guerre. Alain Dieckhoff, sociologue et directeur de recherche au Centre de recherches internationales de Sciences Po, a étudié les radicalités religieuses dans un livre sorti en 2025. David Khalfa, co-directeur de l'Observatoire de l'Afrique du Nord et du Moyen-Orient, a co-écrit *Israël-Palestine, année zéro* en 2024, analysant l'état du conflit. Enfin, Dominique Moïsi, géopolitologue et membre fondateur de l'IFRI, a publié en 2026 *Le triangle des passions du monde*, abordant les dynamiques géopolitiques régionales.

