Pacific Link : les Premières Nations de Cold Lake saisissent la cour
Elles contestent la décision d’Ottawa de désigner le projet comme étant d’intérêt national..
Le pipeline Pacific Link est un projet d’infrastructure majeur visant à relier la province de l’Alberta, riche en sables bitumineux, à la Colombie-Britannique sur la côte ouest du Canada. Annoncé comme un projet d’intérêt national par le gouvernement fédéral canadien, il bénéficie d’un traitement accéléré via la Loi sur le programme Bâtir le Canada, adoptée pour simplifier et accélérer les procédures administratives. Ce pipeline, dont la construction est prévue pour commencer en septembre 2027, a pour objectif de faciliter l’exportation de pétrole canadien vers l’Asie et d’autres marchés internationaux. Le premier ministre Mark Carney et la première ministre albertaine Danielle Smith ont présenté ce projet comme une priorité économique pour le pays, promettant des retombées en termes d’emplois et de croissance.
Les Premières Nations de Cold Lake, une communauté autochtone située dans le nord-est de l’Alberta, ont décidé de contester légalement la désignation du Pacific Link comme projet d’intérêt national. Elles ont déposé une demande de contrôle judiciaire devant la Cour fédérale le 8 octobre 2026, estimant que leur avis n’a pas été suffisamment pris en compte lors des consultations menées par Ottawa. Le chef Kelsey Jacko, porte-parole de la communauté, a souligné que les Premières Nations locales, bien que directement concernées par les impacts environnementaux et sociaux du projet, ont été écartées des discussions. Cette action en justice s’inscrit dans une volonté de faire respecter leurs droits et leurs préoccupations, notamment en matière de protection des terres ancestrales et de préservation des écosystèmes.
L’Assemblée des Premières Nations (APN), qui représente les intérêts de 634 communautés autochtones au Canada, a également critiqué la désignation du Pacific Link comme projet d’intérêt national. Dans un communiqué, l’APN a dénoncé un processus où les décisions semblent prédéterminées, avec des consultations jugées insuffisantes et superficielles. L’organisation rappelle que le Canada s’est engagé à respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones, qui exige des consultations significatives et un consentement libre, préalable et éclairé avant toute décision affectant leurs terres ou leurs droits. Le gouvernement fédéral, par la voix du premier ministre Carney, a cependant assuré que le projet respecterait ces obligations.
Le projet Pacific Link soulève des inquiétudes majeures parmi les Premières Nations et les écologistes, notamment en Colombie-Britannique où le pipeline traverserait des zones naturelles sensibles. Les craintes portent sur les risques de fuites de pétrole, de contamination des sols et des eaux, ainsi que sur les impacts sur la biodiversité locale. Les communautés autochtones, dont les modes de vie sont étroitement liés à la terre, craignent également une détérioration de leur environnement traditionnel, essentiel à leur culture et à leur subsistance. Ces préoccupations ont été relayées par plusieurs chefs autochtones et organisations environnementales, qui appellent à une évaluation plus rigoureuse des impacts du projet.
Le gouvernement fédéral, dirigé par le premier ministre Mark Carney, a réaffirmé son soutien au projet *Pacific Link*, tout en promettant des consultations supplémentaires pour répondre aux préoccupations des Premières Nations. La première ministre albertaine Danielle Smith a également défendu le projet, soulignant son potentiel économique pour l’Alberta et le Canada. Cependant, l’issue de la *demande de contrôle judiciaire* déposée par les Premières Nations de Cold Lake pourrait retarder, voire bloquer, le lancement des travaux prévus pour septembre 2027. Les prochaines étapes incluent l’examen de la requête par la Cour fédérale, ainsi que des négociations entre le gouvernement et les communautés autochtones pour trouver un terrain d’entente.

