Dyson CameraJet : la marque refuse de révéler ce qui cloche avec sa brosse à dents à 479 euros, mais les experts s’en chargent
Face aux pannes en série de sa brosse à dents à 479 euros, Dyson se mure dans le silence. Retour sur un véritable fiasco industriel..
Début septembre 2026, la marque britannique Dyson a lancé sa brosse à dents connectée CameraJet à un prix de 479 euros. Cet appareil innovant intègre une caméra embarquée, de l'intelligence artificielle (IA) et un système de jet de bain de bouche pour nettoyer les espaces interdentaires. Disponible initialement en France, aux États-Unis, au Royaume-Uni et à Singapour, le produit a été retiré des rayons et des boutiques officielles seulement deux semaines après son lancement. Cette décision fait suite à de nombreux signalements d'utilisateurs concernant des dysfonctionnements majeurs comme des surchauffes de batterie, des bips intempestifs ou des blocages de l'appareil. Plusieurs appareils sont même tombés en panne dès leur première utilisation.
Face aux pannes en série, Dyson a adopté une communication opaque. La marque a simplement évoqué un problème isolé sur un « composant unique » issu des premiers lots, sans préciser l'origine exacte du défaut ni les détails techniques. Aucune date de retour en stock n'a été communiquée, et aucun rappel officiel n'a été émis. Les fiches produits sur le site de Dyson indiquent désormais un laconique « Bientôt de retour ». Cette stratégie a suscité la colère des premiers acheteurs, certains dénonçant un service client dépassé et l'impossibilité de se faire rembourser sans l'emballage d'origine. La marque a finalement assuré avoir mis ces lots à l'écart et apporté son soutien aux clients concernés.
Des experts interrogés par le magazine WIRED ont émis l'hypothèse d'un défaut d'étanchéité comme cause principale des pannes. Selon Kyle Wiens, PDG d'iFixit, et Adam Toner, directeur technique chez Ripcord Designs, l'eau s'infiltrerait par le compartiment de la batterie amovible, corrodant ou court-circuitant les composants internes. Cette théorie est d'autant plus surprenante que l'appareil est conçu pour être utilisé quotidiennement sous l'eau. Malgré six ans de développement et 38 brevets déposés, le produit n'a pas résisté aux tests réels des utilisateurs. Cette faille technique soulève des questions sur la fiabilité des innovations de Dyson dans le domaine des objets connectés.
Les premiers acheteurs de la Dyson CameraJet, ayant dépensé près de 500 euros pour un appareil présenté comme révolutionnaire, ont exprimé leur mécontentement face à la situation. Sur des plateformes comme Reddit, plusieurs utilisateurs ont critiqué le manque de transparence de la marque et l'absence de solutions concrètes pour les remboursements ou les remplacements. Certains ont souligné l'impossibilité de contacter efficacement le service client ou de récupérer leur argent sans présenter l'emballage d'origine, ce qui complique encore davantage leur situation. Cette affaire met en lumière les risques liés à l'achat d'objets connectés haut de gamme, souvent présentés comme innovants mais dont la fiabilité peut être mise en doute.
Cet échec commercial intervient dans un contexte où les objets connectés, notamment ceux intégrant l'intelligence artificielle, suscitent un engouement croissant. La Dyson CameraJet promettait de révolutionner l'hygiène bucco-dentaire en combinant technologie et design. Cependant, son retrait précipité et les problèmes techniques rencontrés soulèvent des questions sur la qualité des produits haut de gamme et la gestion des crises par les grandes marques. Ce fiasco pourrait également avoir un impact sur la réputation de Dyson, connue pour ses aspirateurs et ses innovations technologiques, et remettre en cause la confiance des consommateurs dans les objets connectés innovants.

