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Généraliste

Le poids sur les épaules de Charles Milliard

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 5 j

La plus grande pression sur le chef libéral provient de ses propres troupes..

Pression sur le chef libéral

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), porte une lourde pression depuis le début de la campagne électorale de 2026. Cette pression vient de l’impatience, de la frustration et de la déception des membres de son parti. Beaucoup estiment que le PLQ aurait dû être mieux placé dans les intentions de vote face au Parti québécois (PQ), qui défend ouvertement la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec. Les libéraux espéraient incarner le choix naturel des fédéralistes et des électeurs inquiets, d’autant que la Coalition avenir Québec (CAQ) était perçue comme affaiblie au début de l’année 2026. Pourtant, malgré ses efforts, Milliard peine à rivaliser avec les chefs péquiste et caquiste, Paul St-Pierre Plamondon et François Legault, dans les sondages de popularité.

Héritage politique lourd

Le Parti libéral du Québec (PLQ) souffre d’un héritage politique complexe depuis la démission de Jean Charest en 2012. Charest, malgré sa défaite électorale cette année-là, reste une figure admirée par une majorité de militants libéraux, qui le voient comme un héros ayant remporté une victoire morale. Aucun de ses successeurs n’a réussi à atteindre le même niveau d’affection. Philippe Couillard, chef de 2013 à 2018, a bien gagné l’élection de 2014, mais n’a pas suscité la même ferveur. Dominique Anglade, cheffe de 2018 à 2022, a tenté de repositionner le parti vers la gauche, mais son leadership a été contesté en interne, notamment après un conflit avec la députée Marie-Claude Nichols, ce qui a conduit à sa démission. Charles Milliard, nommé chef en février 2026, doit donc composer avec cet héritage et cette attente élevée de la part des militants.

Stratégie de campagne critiquée

L’équipe de Charles Milliard a été critiquée pour plusieurs décisions prises durant la campagne électorale. Par exemple, la campagne de terrain durant l’été 2026 a été jugée inefficace, car les médias nationaux n’ont pas couvert ses déplacements, donnant l’impression d’une absence médiatique. Pourtant, sur le terrain, Milliard a reçu un accueil chaleureux et a réussi à établir des contacts avec les électeurs. Une autre décision controversée a été de ne pas afficher son visage sur la caravane électorale, une erreur perçue comme un manque d’expérience et de flair politique. Des ex-organisateurs du parti estiment qu’une meilleure stratégie de visibilité aurait été nécessaire, ne serait-ce que pour tester la réception des lignes politiques auprès de l’électorat.

Défis politiques et économiques

Le Parti libéral du Québec (PLQ) fait face à des défis politiques et économiques majeurs. Le contexte de la guerre commerciale avec les États-Unis, qui a profité à Christine Fréchette (cheffe du Bloc québécois) dans les sondages, pourrait ne plus être aussi favorable. De plus, le PLQ doit rivaliser avec un Parti québécois (PQ) déterminé à organiser un référendum sur l’indépendance après le départ de Donald Trump. Historiquement, seul André Boisclair avait promis un référendum dans un premier mandat en 2007, mais il avait subi un revers électoral cuisant, terminant troisième derrière l’Action démocratique du Québec et le PLQ. Les libéraux espèrent que Milliard pourra inverser la tendance lors des débats électoraux à venir.

Attentes des militants libéraux

Les militants libéraux attendent de Charles Milliard qu’il adopte un ton plus combatif et batailleur, notamment face à ses adversaires comme Christine Fréchette. Ils estiment que ses engagements électoraux sont crédibles et reflètent l’ADN économique du parti. Ils sont également fiers du recrutement de candidats de qualité, malgré un contexte difficile après la démission de Pablo Rodriguez. Les trois sondages publiés en septembre 2026 montrent que la course se resserre entre le PLQ et la CAQ pour la deuxième position dans les intentions de vote. Les militants espèrent que Milliard saura marquer des points décisifs lors des débats pour redonner espoir à leur parti.

Ce que ça pourrait changer

Un chef de parti n’est jamais seul responsable des difficultés d’une campagne électorale : son entourage joue un rôle tout aussi important. Charles Milliard a choisi son équipe, et c’est elle qui met en œuvre les stratégies de campagne. Les mauvaises décisions prises par cette équipe, comme la gestion de la visibilité médiatique ou le manque de fermeté dans les communications, ont contribué aux difficultés du PLQ. Les militants attendent donc des changements rapides de la part de Milliard, notamment dans sa communication et son attitude lors des débats. Malgré les circonstances exceptionnelles, comme les tarifs américains, c’est au chef de porter la pression et de montrer qu’il est capable de redresser la situation.

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