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Yannick Perez, professeur d'économie : « si la voiture électrique est un succès en Norvège

Science & Vie · mis à jour il y a 12 j

En Norvège, l'électrique dépasse 98 % des ventes neuves. Pour l'économiste Yannick Perez (CentraleSupélec), la France doit désormais coordonner ses politiques autour de l'utilisateur pour rattraper ce modèle..

Succès norvégien

En Norvège, la voiture électrique représente un succès remarquable : en juillet 2026, 98 % des voitures neuves vendues étaient 100 % électriques. Ce résultat s’explique par une politique gouvernementale volontariste visant à rendre ces véhicules attractifs pour les consommateurs. Contrairement à la France, où l’adoption reste limitée, la Norvège a mis en place des mesures incitatives fortes pour accélérer cette transition. Yannick Perez, professeur d’économie, souligne que cette réussite repose sur des choix politiques ciblés, et non sur une préférence spontanée des Norvégiens pour l’électrique.

Mesures norvégiennes

Le gouvernement norvégien a utilisé plusieurs leviers pour rendre les voitures électriques plus attractives. Parmi eux, des exonérations fiscales (réduction ou suppression de taxes à l’achat et à l’immatriculation), des avantages financiers (subventions directes, prêts à taux zéro) et des facilités d’usage (accès gratuit ou prioritaire aux parkings, aux péages urbains, et aux voies réservées). Ces mesures ont permis de compenser le surcoût initial des véhicules électriques, souvent plus chers à l’achat que les modèles thermiques. L’objectif était de rendre ces voitures compétitives dès leur acquisition, sans attendre une baisse des prix du marché.

Comparaison française

En France, la transition vers la voiture électrique est moins avancée, car les mesures incitatives sont jugées insuffisantes par Yannick Perez. Contrairement à la Norvège, où les aides sont massives et systématiques, les dispositifs français (comme la prime à la conversion ou le bonus écologique) sont perçus comme moins incitatifs. De plus, les infrastructures de recharge restent moins développées, et les coûts d’usage (électricité, entretien) ne sont pas toujours avantageux par rapport aux véhicules thermiques. Le professeur d’économie estime que la France n’a pas adopté une approche aussi globale pour rendre l’électrique attractif.

Rôle des pouvoirs publics

Yannick Perez insiste sur le rôle central des pouvoirs publics dans le succès de la voiture électrique. En Norvège, l’État a joué un rôle actif en alignant ses politiques fiscales, environnementales et industrielles sur l’objectif de décarbonation des transports. En France, bien que des mesures existent, leur impact est limité par leur manque de cohérence ou leur durée trop courte. Le professeur souligne que sans une volonté politique forte et des incitations durables, la transition vers l’électrique reste difficile, même dans un pays comme la France où la sensibilité écologique est élevée.

Ce que ça pourrait changer

L’adoption massive de la voiture électrique en Norvège a des implications économiques majeures. D’une part, elle réduit la dépendance aux énergies fossiles (pétrole, diesel) et limite les importations de carburants. D’autre part, elle stimule l’innovation industrielle locale, notamment dans les secteurs des batteries et des énergies renouvelables. En France, où l’industrie automobile est un pilier économique, une transition trop lente pourrait peser sur la compétitivité des constructeurs nationaux. Yannick Perez rappelle que ces enjeux dépassent le simple cadre environnemental pour toucher à la souveraineté industrielle et énergétique.

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