Des militaires norvégiens ont découvert que des voitures de location chinoises enregistraient et stockaient automatiquement des vidéo lors d’exercices militaires
L’armée norvégienne louait des voitures électriques chinoises pour ses manœuvres. Leurs caméras ont enregistré soldats, trajets et codes d’accès, ce qui relance le débat sur les véhicules connectés dans les armées.
En octobre 2026, des militaires norvégiens ont découvert que des voitures de location chinoises, utilisées lors d’un exercice militaire près d’Oslo, enregistraient et stockaient automatiquement des vidéos des soldats. L’opération, nommée Øvelse Hovedstad, s’est déroulée du 14 au 18 septembre 2026 et visait à sécuriser l’aéroport de Gardermoen en cas de conflit. Les enregistrements capturés par les caméras des véhicules ont révélé des images des soldats, leurs déplacements, ainsi que les codes d’accès saisis aux portails militaires, parfois combinés à l’utilisation d’un badge. Ces données sensibles ont été stockées directement dans les voitures, sans que les militaires n’en aient conscience, soulevant des questions majeures sur la sécurité des véhicules connectés dans des zones militaires.
Les voitures incriminées sont des modèles Deepal, une marque électrique du constructeur chinois Changan. Ces véhicules étaient loués par l’armée norvégienne via un contrat signé en 2024 avec First Rent A Car Norway, une filiale du groupe suédois Volvo Cars, lui-même détenu à 78,65 % par le groupe chinois Zhejiang Geely (via sa branche Geely Sweden Holdings). Le montant maximal de ce contrat s’élève à 350 millions de couronnes norvégiennes. Bien que l’actionnariat chinois du loueur était connu des autorités, celles-ci avaient estimé que cela n’affectait pas l’usage des véhicules. L’état-major norvégien a également jugé que l’interdiction des voitures chinoises n’apporterait qu’un gain de sécurité limité.
Les voitures modernes, y compris les modèles chinois comme les Deepal, sont équipées de systèmes de surveillance embarqués. Ces dispositifs incluent des caméras d’habitacle qui enregistrent en continu l’intérieur du véhicule, souvent pour des raisons de sécurité (détection de somnolence du conducteur) ou de services connectés. Les enregistrements sont stockés localement dans la voiture, mais certaines données peuvent être transmises via une connexion internet à des serveurs externes. Les contrats de location ou d’achat de ces véhicules accordent parfois aux constructeurs des droits sur ces données, y compris la possibilité de les revendre ou de les exploiter commercialement. Dans le cas norvégien, les vidéos ont été découvertes par des soldats lors d’un exercice, révélant ainsi une faille potentielle dans la protection des informations sensibles.
L’incident a été révélé début octobre 2026 par le quotidien économique norvégien *Dagens Næringsliv*, après que des soldats ont signalé avoir trouvé des vidéos stockées dans les voitures. Le ministre norvégien de la Défense, *Tore Onshuus Sandvik*, a confirmé que l’actionnariat chinois du loueur était connu, mais que cela n’avait pas été jugé problématique. L’état-major a également estimé que bannir les véhicules en fonction de leur pays d’origine ne garantirait qu’un gain de sécurité limité. En revanche, d’autres armées, comme celle d’*Israël (Tsahal)*, ont déjà pris des mesures strictes : en août 2025, elle a interdit l’accès de ses bases aux voitures fabriquées en Chine. Cet incident illustre les tensions croissantes autour de la dépendance technologique et des risques liés aux véhicules connectés dans un contexte militaire.

