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Géopolitique

Une série d’accidents mortels interroge sur la sécurité des fêtes traditionnelles au Japon

Courrier International · mis à jour il y a 16 j

Un adjoint au maire de Saijo, dans l’ouest du Japon, est mort lors d’une fête traditionnelle, le 17 octobre, écrasé par un char lors d’une procession. Deux personnes étaient mortes la semaine précédente dans des accidents survenus lors de fêtes similaires.

Accidents mortels récents

Entre le 10 et le 17 octobre 2026, trois accidents mortels ont eu lieu lors de fêtes traditionnelles japonaises appelées matsuri. Le 17 octobre, Akihiro Nabae, adjoint au maire de Saijo (sud-ouest du Japon), est décédé après avoir été écrasé par un mikoshi, un char shintoïste traditionnel pesant plusieurs tonnes, utilisé lors des processions. Une semaine plus tôt, deux autres personnes avaient péri dans des accidents similaires dans la préfecture d'Osaka. Ces drames surviennent malgré l'existence de règles de sécurité mises en place dès les années 1950, comme l'instauration d'un sens unique pour éviter les collisions entre les chars. Les matsuri, organisés par des collectifs locaux, attirent des milliers de participants chaque année pour célébrer des événements historiques ou des récoltes, tout en mêlant danse, musique et repas communautaires.

Rôle des mikoshi

Les mikoshi sont des chars shintoïstes lourds, parfois de plusieurs tonnes, portés par des participants lors des matsuri. Ces processions, qui parcourent plusieurs kilomètres, symbolisent la vitalité des communautés locales et sont souvent accompagnées de danses et de chants. Les mikoshi sont traditionnellement associés à des sanctuaires shinto et jouent un rôle central dans les fêtes, où les habitants se rassemblent pour partager des moments festifs. Leur manipulation nécessite une coordination précise, mais les accidents surviennent malgré les règles de sécurité, comme l'interdiction de se croiser sur la route ou l'usage de supports de tambour jugés dangereux. Les participants, y compris des enfants dès l'école primaire, sont encouragés à participer activement, ce qui ajoute une dimension spectaculaire mais risquée à ces événements.

Réactions et enjeux

Les accidents récents ont provoqué un choc parmi les riverains et les autorités locales. Mitsuyoshi Ochi, maire de Saijo, a exprimé son désarroi face à la mort de l'adjoint au maire, soulignant que ce dernier venait tout juste de prendre ses fonctions en juillet 2026. La presse japonaise, comme le Tokyo Shimbun, souligne la nécessité de repenser la sécurité lors des matsuri sans pour autant sacrifier leur caractère traditionnel et leur ambiance unique. Les organisateurs, souvent des groupes d'habitants, gèrent ces fêtes de manière autonome, avec une intervention limitée des pouvoirs publics. Les discussions portent désormais sur l'équilibre entre préservation des traditions et protection des participants, alors que ces événements restent un pilier de la vie locale au Japon.

Ce que ça pourrait changer

Les *matsuri* existent depuis des siècles au Japon, mais leur organisation a évolué au fil du temps. Dans les années 1950, des règles de sécurité ont été introduites pour réduire les risques, comme l'instauration d'un sens unique de circulation pour les chars afin d'éviter les accidents. Ces fêtes, autrefois centrées sur des rituels religieux, sont devenues des spectacles populaires mêlant tradition et modernité. Les participants portent des habits traditionnels et dansent sur les *mikoshi*, tandis que les enfants sont intégrés dès l'école primaire pour perpétuer ces coutumes. Malgré ces adaptations, les accidents mortels restent une préoccupation récurrente, comme en témoignent les tragédies récentes.

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