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Généraliste

Denis Côté, comme une couleuvre dans un sous-bois

Le Devoir · mis à jour il y a 10 j

Le cinéaste parle de son formidable nouveau film présenté au TIFF, une œuvre typiquement singulière et louvoyante..

Violence du corps de l'autre

Le film Violence du corps de l'autre, réalisé par Denis Côté, est présenté comme une œuvre singulière et déroutante. Le film s'ouvre sur une scène intrigante : une jeune femme, Mira, vêtue de noir, propose un service controversé dans un stationnement désert. Elle s'adresse à une conductrice pour lui remettre une substance associée à une fin de vie. Le scénario de ce film a été écrit en 2022, une période où Denis Côté traversait une insuffisance rénale terminale. À cette époque, il ne savait pas s'il serait traité par dialyse ou s'il pourrait bénéficier d'une greffe de rein, ce qui a profondément influencé le thème central du film. Le titre du film est inspiré d'un livre de Constance Debré.

Processus créatif atypique

Denis Côté décrit son processus créatif comme non linéaire et intuitif. Contrairement à une approche traditionnelle où le scénario est d'abord écrit en entier avant le tournage, il commence souvent par un titre ou une première scène, puis laisse l'histoire se construire au fil du temps. Il compare sa méthode à une couleuvre dans un sous-bois : imprévisible, mais avec une grâce et une assurance qui guident le spectateur. Côté explique qu'il n'a jamais une vision claire de la fin de ses histoires avant de les réaliser. Il privilégie l'exploration du langage cinématographique plutôt qu'une narration classique, ce qui rend ses films uniques et souvent déroutants pour le public.

Atmosphère et tension sourde

Denis Côté est reconnu pour créer des atmosphères cinématographiques insolites, mêlant déconcertement et enveloppement. Dans Violence du corps de l'autre, comme dans plusieurs de ses précédents films (Curling, Vic + Flo ont vu un ours, Répertoire des villes disparues), il installe une tension sourde, presque imperceptible, qui donne l'impression qu'un événement terrible pourrait survenir à tout moment. Cette approche s'inspire en partie de son attrait pour le cinéma d'horreur, bien que ses films ne relèvent pas strictement de ce genre. Le suspense est lent et diffus, ce qui renforce l'impact émotionnel des scènes.

Collaboration avec Larissa Corriveau

Denis Côté a collaboré à cinq reprises avec l'actrice Larissa Corriveau, qui tient le rôle principal dans Violence du corps de l'autre. Cette collaboration est décrite comme une relation de confiance et de complicité, presque comme un vieux couple. Corriveau lit souvent ses scénarios avant même qu'ils ne soient finalisés, et leur dynamique repose sur des oppositions : elle est spirituelle et intuitive, tandis que Côté est concret et pragmatique. Cette relation permet une créativité riche et une liberté sur le plateau, où les deux artistes se comprennent sans avoir besoin de longues explications.

Renouveau après la maladie

Denis Côté évoque un renouveau artistique après avoir reçu une greffe de rein, qui lui a permis de retrouver une énergie comparable à celle des débuts de sa carrière. Il décrit cette période comme un second souffle, où ses idées sont claires et où il perçoit à nouveau les couleurs du monde avec intensité. Cependant, malgré ce regain d'énergie, il reste en proie au doute et à l'introspection. À 52 ans et après dix-sept films, il se questionne sur sa pertinence et sa capacité à continuer à surprendre. Il cherche à éviter l'embourgeoisement artistique et à maintenir une originalité constante dans son travail.

Ce que ça pourrait changer

Le film *Violence du corps de l'autre* a été primé au Festival de Locarno, où il a reçu le prix du Jury Jeunesse. Il sera également présenté en ouverture du Festival du nouveau cinéma de Montréal et sortira en salles le 23 octobre. Denis Côté a été interviewé dans le cadre du Festival international du film de Toronto (TIFF), où il a partagé ses réflexions sur son processus créatif et ses inspirations. Le film est distribué en partie grâce au soutien de Téléfilm Canada, une organisation publique canadienne qui finance et promeut l'industrie cinématographique.

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