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Géopolitique

“J’ai déjà donné, merci” : une voix s’élève contre la mode de la course à pied

Courrier International · mis à jour il y a 9 j

Une chroniqueuse du “Beaver County Times”, un quotidien de Pennsylvanie, aux États-Unis, prend sa plume pour dire avec humour tout le mal qu’elle pense de la course à pied. Bien décidée à ne plus chausser de baskets, elle se sent bien isolée, ses proches étant, eux, atteint de la fièvre du running..

Course à pied omniprésente

Depuis plusieurs années, la course à pied s’est imposée comme une activité sportive massivement adoptée par le grand public, notamment aux États-Unis. Des personnes de tous âges et profils, comme une institutrice mère de quatre enfants ou une femme enceinte, se mettent à courir des distances variées, allant du 5 000 mètres (5 km) à des semi-marathons (environ 21 km). Cette tendance est particulièrement visible après des événements comme le marathon de Pittsburgh, où les réseaux sociaux regorgent de photos et de témoignages de participants épuisés mais fiers. La course à pied est désormais perçue comme un sport accessible, presque une norme sociale, alors qu’elle était autrefois réservée à une élite athlétique. Cette évolution interroge sur les raisons de cette popularisation soudaine, qui contraste avec les pratiques sportives traditionnelles.

Témoignage d'une réfractaire

Une chroniqueuse du Beaver County Times, un quotidien de Pennsylvanie, exprime son désaccord avec cette tendance. Elle avoue ne pas aimer courir, non par manque de motivation, mais parce que cette activité ne lui procure aucun plaisir. Ses arguments incluent des raisons physiques, comme des genoux sensibles, et des craintes de chutes ou de maladresse en public. Elle évoque aussi son expérience passée : dans les années 1970, lors de la première vague de promotion de la course à pied comme sport universel, elle a participé à des compétitions scolaires et universitaires, comme des 5 km ou des 10 km. À l’époque, elle courait aussi pour séduire, une motivation qu’elle assume avec humour. Aujourd’hui, elle préfère la marche, une activité moins valorisée socialement, et se moque gentiment des applications de fitness qui la culpabilisent de ne pas atteindre ses objectifs de pas quotidiens.

Origines de la passion

La chroniqueuse explique que son attachement initial à la course à pied remonte à son adolescence, dans les années 1970. À cette époque, la course était présentée comme un sport accessible à tous, une idée révolutionnaire qui contrastait avec les disciplines plus élitistes. Elle a découvert l’athlétisme et le cross-country, où elle a appris des valeurs comme l’effort et la persévérance. Ces années ont aussi été marquées par des rencontres sociales, comme des amitiés forgées grâce à la pratique sportive. Cependant, elle souligne que cette expérience reste liée à une période précise de sa vie et ne justifie pas son enthousiasme actuel pour la course, devenue selon elle une obligation sociale plutôt qu’un choix personnel.

Marche vs course : un débat

La chroniqueuse défend la marche comme une alternative à la course à pied, bien que cette activité soit moins glamour. Elle note que la marche, contrairement à la course, n’est pas associée à des performances ou à des célébrations sur les réseaux sociaux. Par exemple, partager le fait d’avoir marché 1 000 pas dans un magasin comme Costco n’a rien d’exaltant. Pourtant, elle préfère cette pratique, qui lui permet de rester active sans subir les contraintes physiques ou sociales de la course. Elle ironise sur les applications de fitness qui la jugent sévèrement, comme si elle devait justifier son manque d’enthousiasme pour un sport devenu une norme. Pour elle, la marche est une solution simple et sans pression, loin des attentes collectives.

Ce que ça pourrait changer

Cet article est une chronique publiée le 17 août 2025 dans le *Beaver County Times*, un quotidien local de Pennsylvanie (États-Unis), puis republiée le 11 septembre 2026 par *Courrier international*. Le texte est signé Charlotte Latvala, une journaliste américaine qui aborde avec humour et ironie les excès de la mode du running. L’article reflète une critique des dérives d’une tendance sportive devenue presque incontournable, où l’individu est poussé à courir pour des raisons sociales ou personnelles, parfois au détriment de ses préférences ou de son bien-être. Aucune donnée chiffrée ou étude scientifique n’est citée pour étayer cette tendance, qui repose sur une observation sociale et une expérience personnelle.

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