Économie russe : les personnes fuyant le pays font exploser les prix des logements à Erevan
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Depuis 2017, les citoyens russes peuvent se rendre en Arménie sans visa grâce à leur passeport intérieur (un document d’identité russe utilisé pour les démarches administratives dans le pays). Cette facilité a permis à plusieurs centaines de milliers de Russes de quitter leur pays après l’invasion de l’Ukraine en 2022, puis en raison de la mobilisation partielle ordonnée par Vladimir Poutine. L’Arménie, un pays partiellement russophone avec un niveau de vie inférieur à celui de grandes villes russes comme Moscou ou Saint-Pétersbourg, est devenue une destination prisée. En juillet 2026, les recherches en ligne de locations d’appartements à Erevan, la capitale arménienne, ont atteint des niveaux comparables à ceux observés lors de la mobilisation de septembre-octobre 2022, selon les données de Yandex, le principal moteur de recherche en Russie.
L’arrivée massive de Russes a saturé le marché locatif à Erevan, provoquant une hausse brutale des loyers. En 2022-2023, le loyer moyen est passé de 200 000 à 250 000 drams (environ 500 à 600 €) à 500 000 drams (1 200 €), soit près du double du salaire moyen arménien. En septembre 2026, cette tendance s’est aggravée : près de 80 % des propriétaires ont augmenté leurs loyers le mois précédent, selon le média russe Nous pouvons vous expliquer. Certains ont même doublé le prix de leurs appartements. Cette situation reflète une demande locative bien supérieure à l’offre disponible, rendant le logement inaccessible pour une partie de la population locale.
Le secrétaire du Conseil de sécurité arménien, Alen Simonian, a déclaré fin août 2026 que l’Arménie accueillait les Russes sans distinction, affirmant : « Bienvenue en Arménie. Ici, nous aimons tout le monde, nous respectons tout le monde ». Ces propos ont été critiqués par Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, qui a accusé l’Ukraine et ses alliés occidentaux de « spéculations » alimentant des rumeurs sur une possible mobilisation russe. Parallèlement, le Kremlin cherche à rassurer la population russe en niant tout besoin de mobilisation après les élections du 20 septembre 2026. Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité, a affirmé que les besoins militaires étaient couverts par les soldats contractuels (militaires engagés volontairement) et les volontaires, rendant une mobilisation inutile.
Malgré les déclarations rassurantes, les données montrent que la Russie peine à recruter suffisamment de soldats. En août 2026, le recrutement de volontaires s’élevait à environ 1 000 personnes par jour, un niveau inférieur de 20 % à celui d’août 2025. Cette baisse intervient alors que la Russie enregistre des pertes élevées sur le front ukrainien. Les chiffres compilés par Janis Kluge, expert en budget régional, soulignent un déséquilibre entre les pertes et les nouvelles recrues, ce qui pourrait expliquer l’inquiétude autour d’une éventuelle mobilisation malgré les démentis officiels.

