Capturés en Russie, deux soldats nord-coréens remis à la Corée du Sud
Vingt mois après leur capture par l’armée ukrainienne, deux soldats nord-coréens ont finalement rejoint la Corée du Sud, après de longues négociations entre les deux pays. La presse locale décrypte cette révélation du président Zelensky et le contexte de leur transfert..
Deux soldats nord-coréens ont été capturés par l’armée ukrainienne il y a un an et huit mois, soit autour de janvier 2025. Leur lieu de capture n’est pas précisé dans l’article, mais ils faisaient partie des 14 000 à 15 000 soldats nord-coréens envoyés en Russie pour soutenir l’effort de guerre contre l’Ukraine. Selon le JoongAng Daily, la plupart de ces soldats ont été déployés dans la région de Koursk, une zone frontalière entre la Russie et l’Ukraine. Leur statut initial était celui de prisonniers de guerre, ce qui a compliqué leur transfert ultérieur vers la Corée du Sud.
Lors de leur détention en Ukraine, les deux soldats ont exprimé leur volonté de faire défection vers la Corée du Sud. Ils ont envoyé des lettres manuscrites à des associations sud-coréennes spécialisées dans l’accueil des transfuges nord-coréens, et ont également participé à des interviews avec des médias sud-coréens. L’un d’eux avait même tenté de se suicider pendant sa détention. Cependant, ces déclarations ont été faites sous contrainte, ce qui rend difficile la vérification de leur sincérité. Leur demande de défection a finalement été prise au sérieux par les autorités sud-coréennes.
Le transfert des deux soldats vers la Corée du Sud a été rendu possible grâce à des négociations discrètes entre l’Ukraine et la Corée du Sud. L’annonce officielle a été faite par le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors de son discours à l’Assemblée générale des Nations unies le 23 septembre 2026. La Corée du Sud a choisi de garder l’affaire secrète pour protéger la sécurité des familles des soldats, restées en Corée du Nord. Leur arrivée en Corée du Sud a eu lieu trois ou quatre jours avant l’annonce, après un transit par un pays tiers le week-end précédent.
Leur transfert a rencontré plusieurs obstacles juridiques. D’abord, leur statut de prisonniers de guerre posait problème : selon les Conventions de Genève, s’ils étaient considérés comme des soldats russes, ils auraient dû être rapatriés vers la Russie. La Russie avait d’ailleurs proposé de les échanger contre des prisonniers ukrainiens. Ensuite, leur demande de rejoindre la Corée du Sud les a transformés en citoyens sud-coréens au regard de la Constitution sud-coréenne. Une fois arrivés, ils ont été placés sous la protection du Service national de renseignement sud-coréen, qui doit enquêter sur leur identité, leur parcours et leur véritable souhait de défection.
Le gouvernement sud-coréen a été quelque peu embarrassé par cette révélation publique, préférant garder l’affaire secrète pour des raisons de sécurité. Le député d’opposition **Yoo Yong-won**, qui suit ce dossier depuis plusieurs mois, a confirmé leur arrivée sains et saufs et a appelé le gouvernement à les aider dans leur intégration. Il a regretté que la Corée du Sud n’ait pas été plus proactive dans leur accueil. Aucune condition n’a été imposée par l’Ukraine en échange de leur transfert, comme des livraisons d’armes ou une aide humanitaire. Leur prise en charge immédiate relève désormais du Service national de renseignement.

