200 à 400 °C plus chaud : une mystérieuse anomalie thermique détectée sous le sud de Mars
En utilisant une technique d’analyse fondée sur les mouvements orbitaux et les fluctuations gravitationnelles, des chercheurs ont identifié des indices d’une anomalie thermique dans le manteau de l’hémisphère sud de Mars. Cette région pourrait être 200 à 400 °C plus chaude que le reste de la planète.
Des chercheurs ont découvert une anomalie thermique dans le manteau de l’hémisphère sud de Mars, où la température serait 200 à 400 °C plus élevée que dans le reste de la planète. Cette différence a été identifiée grâce à une analyse des mouvements orbitaux et des fluctuations gravitationnelles de Mars. Les données proviennent de 16 ans d’observations par trois sondes spatiales. Cette anomalie pourrait s’expliquer par une convection mantellique régionale (mouvement de matière chaude dans le manteau) ou par une isolation thermique liée à une croûte plus épaisse dans l’hémisphère sud, un phénomène qui durerait depuis plusieurs milliards d’années. Les chercheurs de l’Université de Brown ont mené cette étude, publiée dans la revue Nature en septembre 2026.
Mars présente une forte asymétrie entre ses deux hémisphères : le sud est élevé, accidenté et fortement cratérisé, tandis que le nord est recouvert de plaines basses et lisses. Cette différence, appelée dichotomie de la croûte, s’accompagne d’un écart moyen de 25 km dans l’épaisseur de la croûte entre les deux hémisphères. Les plaines du nord pourraient avoir abrité de l’eau liquide en surface il y a des milliards d’années, avant sa disparition progressive. Comprendre l’origine de cette dichotomie permettrait d’éclairer l’histoire hydrologique de Mars et les conditions passées favorables à la vie. Cependant, l’origine de cette asymétrie reste débattue depuis longtemps.
Mars subit des forces de marée (attraction gravitationnelle) exercées par le Soleil en raison de son orbite légèrement elliptique et de l’inclinaison de son axe de rotation. Ces forces provoquent des déformations légères de la planète, qui varient au cours de l’année martienne. Ces déformations entraînent des fluctuations du champ gravitationnel de Mars, mesurables par des satellites en orbite. Les variations de ce champ influencent la vitesse des orbiteurs, ce qui permet aux scientifiques de déduire l’état interne de la planète. Nick Wagner, chercheur postdoctoral à l’Université de Brown, explique que ces données aident à déterminer la réponse de Mars aux forces de marée.
Les chercheurs ont constaté que l’hémisphère sud de Mars est environ 20 % moins rigide (plus déformable) que l’hémisphère nord. Cette différence de rigidité pourrait s’expliquer par une température interne 200 à 400 °C plus élevée dans le sud. Un intérieur plus chaud se déforme plus facilement sous l’effet des forces de marée, tandis qu’un intérieur plus froid résiste davantage. Cette hypothèse repose sur l’analyse de 16 ans de données satellitaires. Cependant, les scientifiques ne savent pas encore si cette différence de température est une cause ou une conséquence de l’évolution de Mars.
Deux hypothèses principales tentent d’expliquer la différence de température entre les hémisphères de Mars. La première suggère qu’un *impact géant ancien* dans l’hémisphère nord aurait modifié en profondeur le manteau de cette région. La seconde propose que la croûte plus épaisse de l’hémisphère sud agirait comme une *isolation thermique*, maintenant le manteau plus chaud. Les données actuelles ne permettent pas de trancher entre ces deux scénarios. Des recherches supplémentaires seront nécessaires pour déterminer laquelle de ces hypothèses correspond le mieux aux observations.

