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Géopolitique

Kazakhstan : le président Kassym-Jomart Tokaïev sort renforcé des élections parlementaires

Courrier International · mis à jour il y a 6 j

Les élections parlementaires du dimanche 23 août, les premières du nouveau Parlement monocaméral du Kazakhstan, ont été nettement remportées par le parti présidentiel. Elles entérinent la consolidation du pouvoir du chef de l’État, Kassym-Jomart Tokaïev..

Victoire écrasante

Le parti présidentiel kazakh Adilet (« Justice » en français) a remporté une large majorité des sièges lors des élections législatives du 23 août 2026. Sur les 145 sièges du Kurultaï, le nouveau Parlement monocaméral du Kazakhstan, Adilet en a obtenu 110, soit une écrasante victoire. Ce parti est issu de la transformation d’Amanat, l’ancien parti au pouvoir sous Noursoultan Nazarbaïev, qui a dirigé le pays pendant près de 30 ans jusqu’en 2019. Ces élections marquent la première application de la nouvelle Constitution kazakhe, approuvée par référendum en mars 2026, qui supprime le bicamérisme (Sénat et Majilis) au profit d’un Parlement à une seule chambre, le Kurultaï.

Participation record

Le taux de participation aux élections législatives de 2026 a atteint un niveau historique, avec plus de 74 % des inscrits ayant voté. Il s’agit de la plus forte participation enregistrée lors d’un scrutin législatif au Kazakhstan depuis dix ans. Ce chiffre contraste avec les précédentes élections, où la participation était souvent bien inférieure. Les observateurs soulignent que ce taux élevé reflète une mobilisation exceptionnelle des électeurs, dans un contexte de changement institutionnel majeur avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution.

Nouveaux pouvoirs

La nouvelle Constitution kazakhe, adoptée en mars 2026, confère au président Kassym-Jomart Tokaïev des pouvoirs étendus. Celui-ci peut désormais prétendre à un nouveau mandat présidentiel, une possibilité qui n’existait pas sous l’ancienne Constitution. De plus, il a la capacité de nommer un vice-président, une mesure interprétée comme une tentative de désigner à l’avance son successeur et d’éviter les luttes internes au sein des élites politiques. Ces changements constitutionnels renforcent la position de Tokaïev, qui était déjà président depuis 2019, succédant à Nazarbaïev.

Absence d'opposition

Parmi les sept partis politiques en lice lors de ces élections, tous soutiennent officiellement la politique du président Kassym-Jomart Tokaïev. Aucun parti d’opposition ni candidat indépendant n’a été autorisé à participer, limitant ainsi le pluralisme politique. Cette situation a été soulignée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a noté dans son rapport que l’absence de réelle opposition restreint la participation citoyenne et le débat démocratique. Les observateurs internationaux critiquent cette configuration, qui ne reflète pas une démocratie pluraliste.

Ce que ça pourrait changer

Ces élections législatives kazakhes de 2026 se déroulent dans un contexte de transition politique et institutionnelle. Le Kazakhstan, pays d’Asie centrale riche en ressources naturelles comme le pétrole et le gaz, est dirigé depuis 2019 par Kassym-Jomart Tokaïev, qui a succédé à Noursoultan Nazarbaïev, figure historique du pays. Les réformes constitutionnelles récentes visent à moderniser le système politique, mais elles sont critiquées par certains observateurs pour leur manque de transparence et leur tendance à concentrer davantage de pouvoir entre les mains du président.

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