Des archéologues ont trouvé la plus vieille sépulture navale de Norvège et elle date d'avant les Vikings
Enterrer un mort dans son navire évoque aussitôt les Vikings et leurs longs bateaux. Sauf que la coutume est bien plus ancienne qu'on le croyait.
Des archéologues ont identifié en Norvège la plus ancienne sépulture navale jamais découverte dans ce pays. Cette tombe, datée d’avant l’ère viking, remonte à environ 2 500 ans, soit entre 500 et 300 avant notre ère. Elle se situe dans la région du Vestfold, un comté connu pour ses vestiges archéologiques liés à l’âge du fer. Une sépulture navale désigne une tombe où un navire, souvent entier ou en partie, est utilisé comme cercueil pour un défunt. Ces sépultures étaient généralement réservées aux personnes de haut rang social ou politique, comme des chefs ou des guerriers, en raison de la valeur symbolique et pratique du bateau dans les sociétés anciennes. Cette découverte remet en lumière les pratiques funéraires des peuples scandinaves bien avant l’émergence des Vikings, connus pour leurs raids et leurs expéditions maritimes entre le VIIIe et le XIe siècle.
Cette sépulture navale date de la période de l’âge du fer scandinave, une époque marquée par des changements sociaux et technologiques majeurs en Europe du Nord. Contrairement aux Vikings, qui ont laissé une trace durable dans l’histoire grâce à leurs conquêtes et à leurs récits, les peuples de l’âge du fer étaient moins documentés par les écrits. Leur histoire est principalement reconstituée à travers les artefacts archéologiques, comme les épées, les bijoux ou les structures funéraires. La Norvège, avec ses fjords et ses côtes étendues, était un territoire propice au développement de compétences maritimes. Cette sépulture confirme l’importance des bateaux dans la culture et les rituels de ces sociétés anciennes, bien avant l’essor des drakkars vikings.
Pour déterminer l’âge de cette sépulture, les archéologues ont utilisé des techniques de datation au carbone 14, une méthode scientifique qui permet d’estimer l’âge d’un objet organique en mesurant la quantité de carbone radioactif qu’il contient. Cette technique est couramment employée pour dater des vestiges anciens, car elle offre une précision de l’ordre de quelques décennies, voire de quelques siècles, selon les cas. Dans ce cas précis, les échantillons prélevés sur des restes organiques associés à la sépulture ont permis d’établir une fourchette de dates entre 500 et 300 avant notre ère. Cette datation place cette découverte parmi les plus anciennes sépultures navales connues en Scandinavie, dépassant en âge certaines tombes vikings.
La découverte de cette sépulture navale offre un éclairage nouveau sur les pratiques funéraires et les croyances des peuples de l’âge du fer en Scandinavie. Les bateaux, dans ces sociétés, n’étaient pas seulement des outils de transport ou de guerre, mais aussi des symboles de statut social, de pouvoir et de lien avec l’au-delà. Enterrer un défunt dans un navire pouvait représenter une forme de voyage vers un autre monde, une croyance répandue dans de nombreuses cultures anciennes. Cette sépulture pourrait également indiquer l’existence de réseaux d’échange ou de commerce à longue distance, car les bateaux de l’époque étaient capables de parcourir des centaines de kilomètres le long des côtes ou en mer. Enfin, elle souligne l’importance de la mer dans la vie quotidienne et spirituelle de ces populations.
Les archéologues prévoient de poursuivre les fouilles et les analyses sur ce site pour en apprendre davantage sur les occupants de la sépulture et leur mode de vie. Des études supplémentaires pourraient inclure des analyses ADN pour identifier le sexe, l’âge ou les origines génétiques du défunt, ainsi que des examens des objets funéraires pour comprendre les rituels associés. Ces recherches pourraient également révéler des indices sur les relations entre les peuples de l’âge du fer et les cultures voisines, comme les Celtes ou les Germains. Enfin, cette découverte pourrait inciter à réévaluer l’importance des sépultures navales dans l’archéologie scandinave, en mettant en lumière des pratiques funéraires bien plus anciennes que celles associées aux Vikings.

