« C'est de la m***** » : l'alternative européenne à Microsoft Teams reçoit de mauvaises critiques de la part des fonctionnaires
Au nom de la souveraineté numérique, la Commission européenne teste une messagerie hébergée sur ses propres serveurs pour réduire sa dépendance à Microsoft Teams. Les premières réactions sont cinglantes..
En 2026, l'Union européenne a développé une alternative à Microsoft Teams, appelée OpenPeers, pour réduire la dépendance aux logiciels américains dans les administrations publiques. Ce projet s'inscrit dans une stratégie plus large visant à promouvoir les technologies européennes et à garantir la souveraineté numérique des États membres. OpenPeers est conçu pour offrir des fonctionnalités similaires à Teams, comme les visioconférences, le partage de fichiers et la messagerie instantanée, mais avec une infrastructure hébergée en Europe pour limiter les risques liés au transfert de données vers des serveurs étrangers. Cependant, malgré cet objectif, le logiciel a reçu des critiques sévères de la part des fonctionnaires européens.
Les fonctionnaires européens ont exprimé leur mécontentement envers OpenPeers, qualifiant le logiciel de peu fiable et peu intuitif. Certains utilisateurs ont utilisé des termes très négatifs, comme « C'est de la m »*, pour décrire leur expérience. Les principales plaintes concernent des bugs fréquents, une interface complexe et des performances médiocres, notamment lors des visioconférences ou du partage de documents. Ces problèmes ont entraîné des retards dans le travail et une perte de productivité pour les administrations concernées. Les critiques soulignent que le logiciel, bien que conçu avec de bonnes intentions, ne répond pas aux attentes en matière de stabilité et d'efficacité.
Le développement d'OpenPeers s'inscrit dans un contexte politique marqué par la volonté de l'Union européenne de réduire sa dépendance aux technologies américaines, notamment après des tensions géopolitiques et des craintes liées à l'espionnage ou à la surveillance des données par des entreprises étrangères. En 2025, la Commission européenne avait lancé un appel à projets pour financer des alternatives locales aux logiciels dominants comme Teams ou Zoom. OpenPeers a été sélectionné parmi plusieurs candidats, avec un budget de 12 millions d'euros alloué par l'UE pour son développement et son déploiement. Cependant, les retards et les problèmes techniques ont mis en lumière les défis liés à la création d'un logiciel concurrentiel à grande échelle.
Face aux critiques, les responsables du projet OpenPeers ont reconnu certains dysfonctionnements et ont promis des améliorations rapides. Un porte-parole de la Commission européenne a déclaré que des mises à jour majeures étaient en cours pour corriger les bugs et simplifier l'interface. Cependant, les fonctionnaires restent sceptiques, d'autant que le déploiement d'OpenPeers avait déjà été retardé de plusieurs mois en raison de problèmes techniques. Certains estiment que l'UE a sous-estimé la complexité du développement d'un logiciel de visioconférence capable de rivaliser avec les solutions existantes, comme Teams ou Google Meet, qui bénéficient de plusieurs années d'optimisation.
Le projet OpenPeers illustre les enjeux de la souveraineté numérique pour l'Europe, un concept qui vise à garantir l'indépendance technologique des États membres face à des acteurs étrangers comme les États-Unis ou la Chine. En 2026, l'UE a adopté une loi sur les marchés numériques (*Digital Markets Act*), qui impose aux grandes plateformes technologiques de partager certaines données avec des concurrents plus petits. Cependant, la création d'alternatives locales reste un défi, car elle nécessite des investissements importants en recherche et développement, ainsi qu'une adoption massive par les utilisateurs pour devenir viable économiquement. OpenPeers pourrait servir de test pour évaluer la capacité de l'Europe à développer ses propres solutions technologiques.

