Le tracé des Mondiaux de cyclisme sur route mis à l’épreuve par nos journalistes
Trois porte-couleurs du «Devoir» ont testé à vélo la difficulté du parcours et l’état des routes québécoises empruntées..
Les Championnats du monde de cyclisme sur route 2025 se dérouleront les 26 et 27 septembre au Québec, avec un parcours exigeant reliant la Montérégie au mont Royal à Montréal. Les épreuves masculines couvriront 273,7 kilomètres et les féminines 180,4 kilomètres. Le départ fictif aura lieu à Brossard, dans le quartier DIX30, près du Cineplex Odeon, avant de s’engager sur des routes sinueuses et des chemins agricoles. Le tracé inclut une boucle spécifique pour les hommes et une autre pour les femmes, avec des segments plats, des faux plats et des montées abruptes comme celle du mont Royal. Ce dernier sera escaladé 12 fois par les hommes et 8 fois par les femmes, représentant plus de la moitié du parcours total. Les organisateurs promettent un défi physique intense pour les athlètes, habitués à des parcours variés dans d’autres pays comme la Suisse ou le Rwanda.
Le parcours se divise en plusieurs segments marquants. Après le départ à Brossard, les coureurs empruntent la route 112 en direction de Chambly, un tronçon ouvert et plat propice aux échappées ou aux formations de pelotons larges. Ils traversent ensuite le canal de Chambly et la rivière Richelieu, avec des ponts en faux plat ascendant. Le chemin du Cordon, à Saint-Mathias-sur-Richelieu, offre l’un des plus beaux paysages de la région, bordé par les monts Saint-Bruno et Saint-Hilaire. Une montée de 8 % sur le chemin de la Montagne, culminant à Saint-Jean-Baptiste, teste l’endurance des cyclistes. La route 104 et les chemins de la Grande Ligne et de Saint-André, aux accents agricoles, mènent vers Montréal. Enfin, la dernière partie du parcours, après le pont Samuel-De Champlain, inclut des montées répétées sur le mont Royal, comme la côte de Polytechnique (6 % de moyenne, avec des passages à 11 %) et la montée Camillien-Houde (1,6 km pour 122 mètres de dénivelé).
Le parcours présente des défis liés à l’état des routes. Trois semaines avant la compétition, des lézardes et des trous étaient visibles sur le chemin de la Rivière-des-Hurons à Saint-Mathias-sur-Richelieu, ainsi que sur le boulevard Fréchette à Carignan. Les municipalités ont effectué des travaux de colmatage et de resurfaçage, mais des irrégularités subsistent, comme des patchages (réparations locales de la chaussée) sur le mont Royal. La chaussée y est parfois tigrée par des coulées de bitume encore chaud, et des bosses ou nids-de-poule sont présents sur le boulevard du Mont-Royal. Ces imperfections, bien que partiellement corrigées, pourraient influencer la stratégie des coureurs. Par exemple, l’Italien Filippo Ganna a critiqué l’asphalte montréalais après une course récente, soulignant les risques de crevaisons ou de pertes d’adhérence.
Les conditions météorologiques joueront un rôle crucial. Les coureurs des pays côtiers, comme la Belgique, les Pays-Bas ou le Danemark, sont habitués aux vents latéraux qui balayent les plaines du Québec. Ces vents pourraient créer des éventails (formation de pelotons en éventail pour se protéger du vent), une tactique courante dans ces nations. Les segments exposés, comme ceux autour du bassin de Chambly ou sur la route 112, exigeront une positionnement stratégique pour éviter une dépense inutile d’énergie. Les organisateurs du Devoir ont testé le parcours à vélo trois semaines avant la compétition, notant que les champs de maïs ne suffisent pas à briser ces vents. Les athlètes devront donc adapter leur style de course en fonction de ces éléments.
Le mont Royal est un passage emblématique, avec des records locaux qui pourraient inspirer ou intimider les champions. Le Québécois Robin Plamondon a établi un record sur la montée Camillien-Houde en 3 minutes et 25 secondes, à une vitesse moyenne de 28,8 km/h, battant de deux secondes le temps réalisé par Tadej Pogačar lors du Grand Prix cycliste de 2024. Ce dernier avait effectué cette montée après près de 200 kilomètres de course. La côte de Polytechnique, avec ses 6 % de pente moyenne et des passages à 11 %, sera un autre point de tension. Les coureurs devront gérer leur effort sur ces montées répétées, surtout lors des 12 ascensions du mont Royal pour les hommes. Ces défis techniques et physiques pourraient déterminer l’issue des courses, où la stratégie et l’endurance seront aussi importantes que la puissance.
Les Championnats du monde de cyclisme sur route 2025 sont organisés par l’UCI (*Union Cycliste Internationale*), l’instance dirigeante du cyclisme mondial. Trois journalistes du *Devoir*, Alex Fontaine, Félix Deschênes et Marco Fortier, ont testé le parcours à vélo pour évaluer sa difficulté et l’état des routes. Leurs observations ont révélé des segments techniques comme le chemin du Cordon ou la montée Camillien-Houde, ainsi que des problèmes d’infrastructure nécessitant des réparations urgentes. Les municipalités concernées (Saint-Mathias-sur-Richelieu, Carignan, Montréal) ont confirmé des travaux de colmatage ou de resurfaçage, mais des irrégularités persistent. Les athlètes, issus de nations cyclistes majeures comme la Colombie, l’Espagne, la France ou l’Italie, devront composer avec ce tracé exigeant, où chaque détail compte pour décrocher le maillot arc-en-ciel.

