Va savoir, chronique du lundi 12 octobre 2026
Sur un marché difficile marqué par une baisse forte des ventes en 2025 (-14% et 10% en histoire), confirmée en 2026, les éditeurs en sciences humaines et sociales dilatent leur catalogue et privilégient souvent des écritures et des collections plus digestes, plutôt que la recherche fondamentale..
En 2025 et 2026, le marché français de l'édition en sciences humaines et sociales traverse une période difficile, marquée par une baisse significative des ventes. En 2025, les ventes ont chuté de 14 % et de 10 % pour les livres d'histoire, confirmant une tendance qui se poursuit en 2026. Face à cette situation, les éditeurs adaptent leur stratégie en élargissant leur catalogue et en privilégiant des formats plus accessibles. Plutôt que de miser sur des ouvrages de recherche fondamentale, souvent complexes et peu accessibles au grand public, ils optent pour des collections plus digestes et des écritures simplifiées. Cette approche vise à toucher un public plus large et à stimuler les ventes dans un contexte économique incertain.
Dans ce marché en mutation, la traduction joue un rôle clé. Par exemple, au Seuil, un éditeur français, environ 30 titres en sciences humaines ont été traduits en quatre ans, représentant près de 10 % des nouveautés publiées. Cette stratégie de diversification permet d'élargir l'offre et de répondre à une demande croissante pour des contenus accessibles dans différentes langues. La traduction facilite également l'accès à des idées et des débats internationaux, enrichissant ainsi le paysage éditorial français en sciences humaines et sociales.
Les éditeurs en sciences humaines et sociales ajustent leurs pratiques pour s'adapter à un public moins spécialisé. Plutôt que de se concentrer sur des travaux de recherche pointus, souvent réservés à un cercle restreint d'experts, ils développent des collections plus grand public. Ces ouvrages, souvent plus courts et moins techniques, visent à rendre les idées complexes plus compréhensibles. Cette tendance reflète une volonté de démocratiser l'accès au savoir, tout en répondant aux contraintes économiques actuelles.
La baisse des ventes en 2025 (-14 % et -10 % en histoire) et en 2026 s'inscrit dans un contexte économique plus large marqué par une inflation persistante et une baisse du pouvoir d'achat. Les consommateurs, confrontés à des choix budgétaires serrés, se tournent vers des produits culturels moins coûteux ou plus accessibles. Les éditeurs, conscients de cette réalité, réorientent leur offre pour capter l'attention d'un public plus large, tout en maintenant une qualité éditoriale adaptée à ces nouvelles attentes.

