La résistance aux data centers freine une cinquantaine de projets aux États-Unis
La montée de l’opposition locale aux centres de données porte préjudice à leur essor. Entre avril et juin, la construction de 45 centres de données, pour une valeur de 68 milliards de dollars, a été bloquée par des manifestations, des pétitions et des recours..
Entre avril et juin 2024, une cinquantaine de projets de data centers (ou centres de données) aux États-Unis ont été bloqués ou retardés en raison de résistances locales. Ces infrastructures, essentielles au fonctionnement des technologies numériques comme l’intelligence artificielle (IA), sont de plus en plus contestées par les collectivités. Selon le cabinet Data Center Watch, ces projets représentent une valeur totale de 68 milliards de dollars (soit environ 59 milliards d’euros). Les opposants dénoncent notamment leur impact environnemental et leur consommation excessive d’eau et d’électricité, des ressources devenues précieuses dans un contexte de changement climatique et de tensions énergétiques.
Face à cette opposition, des moratoires (interdictions temporaires) sont désormais imposés par les collectivités locales dans une trentaine d’États américains. Ces mesures visent à suspendre la construction de nouveaux data centers jusqu’à ce que des règles plus strictes soient établies. Les législateurs de ces États ont présenté ou adopté des réglementations spécifiques, notamment sur la gestion de l’eau et de l’électricité. Ces décisions reflètent une prise de conscience croissante des enjeux environnementaux et sociaux liés à ces infrastructures, qui consomment autant d’électricité qu’une petite ville et nécessitent d’importantes quantités d’eau pour leur refroidissement.
L’opposition aux data centers aux États-Unis est qualifiée de bipartisane, car elle rassemble des détracteurs issus des deux grands partis politiques américains, le Parti démocrate et le Parti républicain. Les arguments avancés sont variés : certains craignent que ces infrastructures nuisent à l’environnement en raison de leur empreinte carbone, tandis que d’autres s’inquiètent de leur impact sur les ressources locales, comme l’eau potable, ou sur l’emploi. En effet, les data centers emploient peu de personnel local et leur présence peut entraîner une hausse des coûts énergétiques pour les habitants, ce qui alimente les tensions avec les communautés environnantes.
Pour la première fois, l’opposition aux *data centers* ne se limite plus aux États-Unis. Selon *Data Center Watch*, des résistances similaires émergent en Europe, en Australie et en Afrique du Sud. Au premier trimestre 2026, 75 projets d’une valeur totale d’environ 130 milliards de dollars (soit 113 milliards d’euros) avaient déjà fait l’objet d’une opposition. Cette tendance montre que le débat sur l’implantation des *data centers* dépasse les frontières américaines et s’inscrit dans une réflexion plus large sur la durabilité des infrastructures numériques à l’échelle mondiale.

