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L’Iran maintient ses conditions pour rouvrir le détroit d’Ormuz

ICI Radio-Canada · mis à jour 27 sept.

L'Iran avait annoncé vendredi avoir soumis une proposition aux États-Unis pour rouvrir le détroit d'Ormuz..

Conditions iraniennes

L'Iran maintient ses exigences pour rouvrir le détroit d'Ormuz, un passage maritime stratégique situé entre le golfe Persique et le golfe d'Oman. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a réaffirmé que toute réouverture dépendrait de la satisfaction de ces conditions, sans possibilité de négociation. Ces exigences incluent notamment l'arrêt des hostilités sur plusieurs fronts régionaux, comme au Liban où l'armée israélienne combat le groupe pro-iranien Hezbollah, et au Yémen où les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, affrontent le gouvernement yéménite et son allié saoudien. L'Iran demande également le déblocage de ses avoirs gelés depuis la Révolution islamique de 1979 et la levée des sanctions américaines qui pèsent sur son économie. Ces conditions avaient déjà été formalisées dans un protocole d'accord signé en juin, mais celui-ci a échoué en raison de désaccords persistants sur les modalités de passage dans le détroit.

Réponse américaine

Le président américain, Donald Trump, a rejeté la proposition iranienne pour rouvrir le détroit d'Ormuz, affirmant que les dirigeants iraniens cherchaient cet accord car ils subissaient des pertes importantes. Il a publié une carte du détroit avec la mention Détroit Trump sur son réseau Truth Social, soulignant sa position ferme. Trump a également évoqué la possibilité de reprendre les bombardements contre l'Iran après les élections de mi-mandat américaines prévues le 3 novembre. Depuis le 1er septembre, les États-Unis n'ont pas mené d'attaques directes contre l'Iran, bien que des navires aient été touchés dans le détroit d'Ormuz. Cette région est cruciale pour la sécurité énergétique mondiale, car elle voit transiter environ un cinquième des hydrocarbures mondiaux avant le début des conflits.

Contexte géopolitique

Le détroit d'Ormuz est au cœur d'un conflit opposant les États-Unis et Israël à l'Iran, déclenché fin février par des frappes israéliennes et américaines. Depuis, l'Iran revendique le contrôle de ce passage maritime, tandis que Washington impose un blocus aux ports iraniens. L'Arabie saoudite, premier exportateur mondial de pétrole, a appelé à la protection de la liberté de navigation dans la région, soulignant son importance pour la stabilité énergétique mondiale. Le chef de la diplomatie saoudienne, Fayçal ben Farhane, a rappelé ce point lors de l'Assemblée générale de l'ONU à New York. Parallèlement, les tensions persistent au Yémen, où les Houthis pro-iraniens ont lancé une offensive meurtrière en septembre, consolidant leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, une autre voie maritime stratégique reliant l'Europe à l'Asie via le canal de Suez.

Diplomatie en suspens

Malgré le rejet initial de la proposition iranienne par Donald Trump, l'Iran n'a pas fermé la porte aux négociations. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a indiqué que Téhéran attendait une communication officielle des médiateurs pour connaître les positions définitives des États-Unis. L'Iran avait soumis sa proposition aux États-Unis pour une réouverture du détroit sous sept jours à compter de son acceptation, mais celle-ci n'a pas abouti. Le président iranien, Massoud Pezeshkian, avait précisé que la proposition avait été élaborée en coordination avec le guide suprême Mojtaba Khamenei, ultime décideur de la République islamique. Une équipe de six personnes, dotée de pouvoirs décisionnels, avait été mise en place pour mener ces négociations.

Ce que ça pourrait changer

Les tensions autour du détroit d'Ormuz ont des répercussions majeures sur l'économie mondiale, car ce passage voit transiter environ 20 % des hydrocarbures mondiaux. Un blocage ou une fermeture prolongée pourrait entraîner une hausse des prix des carburants, comme l'a souligné l'impopularité croissante de la guerre au Moyen-Orient aux États-Unis. Avant le conflit, le détroit d'Ormuz était une voie maritime vitale pour les exportations pétrolières, reliant les pays producteurs du golfe Persique aux marchés asiatiques et européens. La stabilité de cette région est donc directement liée à la sécurité énergétique mondiale, un enjeu que l'Arabie saoudite a rappelé lors de l'Assemblée générale de l'ONU. Les sanctions américaines contre l'Iran, qui étranglent son économie, aggravent également la situation économique du pays.

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