Souveraineté : le PQ a « éteint les ardeurs » des gens de gauche, dit Sol Zanetti
Rencontre avec le co-porte-parole de QS, qui promet de rallier la gauche à l'idée de la souveraineté..
L'article se déroule dans le quartier général de Québec solidaire (QS), un parti politique de gauche au Québec, lors d'une campagne électorale pour la réélection de Sol Zanetti dans la circonscription de Jean-Lesage. Le local, anciennement un magasin de chaussettes, est surnommé « le chalet » par les militants. Sol Zanetti est co-porte-parole de QS et ancien chef d'Option nationale, un parti indépendantiste dissous en 2017 après avoir fusionné avec QS. Le Parti québécois (PQ), parti historique indépendantiste, est actuellement en tête des intentions de vote, ce qui influence les débats au sein de QS sur la souveraineté.
Québec solidaire défend une souveraineté décoloniale, démocratique et écologique, avec une vision inclusive du Québec. Le parti affiche clairement cette option sur ses pancartes et son site web. Cependant, un sondage Segma/Radio-Canada publié en septembre 2026 révèle que 52 % des électeurs de QS voteraient non à un référendum sur la souveraineté, contre 29 % pour le oui et 14 % indécis. Sol Zanetti reconnaît ce défi et attribue cette réticence à l'association historique entre l'idée indépendantiste et le Parti québécois, qu'il juge trop restrictif sur les questions d'immigration.
Sol Zanetti critique vivement le Parti québécois pour sa rhétorique sur l'immigration, qu'il juge responsable de problèmes comme la crise du logement ou la surpopulation dans les écoles. Il cite notamment des déclarations de Paul St-Pierre Plamondon, chef du PQ, qui a évoqué l'impact des immigrants temporaires sur le marché immobilier et la fréquentation scolaire. Pour Zanetti, cette approche, qui désigne les immigrants comme boucs émissaires, est contre-productive pour rassembler une majorité indépendantiste. Il propose à l'inverse une souveraineté inclusive, où tous les Québécois, quelle que soit leur origine, seraient inclus dans le projet de pays.
Malgré les apparences, Sol Zanetti nie toute division interne à QS sur la question de la souveraineté. Il minimise les départs de militants vers le PQ, comme celui de Jimmy Thibodeau en décembre 2025, qui reprochait à QS d'être trop timide sur l'indépendance. Zanetti affirme que les porte-paroles du parti, élus sur cette base, et son programme reflètent un engagement clair pour la souveraineté. Il accuse le PQ d'instrumentaliser ces tensions pour discréditer QS, en présentant des désaccords comme des divisions profondes.
Pour Sol Zanetti, la clé pour obtenir une majorité indépendantiste réside dans une approche inclusive et non dans une rhétorique exclusive. Il estime que les Québécois adhèrent davantage à une vision de souveraineté qui protège les droits de tous, plutôt qu'à une approche qui exclut certains groupes. Zanetti rejette l'idée que la souveraineté doive être associée à une gouvernance spécifique, comme celle du PQ, et insiste sur la nécessité de rassembler au-delà des clivages traditionnels.

