« On lance une guérilla » : opposés aux panneaux solaires en forêt, ils finissent virés du conseil municipal
À Oraison, dans les Alpes-de-Haute-Provence, deux conseils municipaux ont été chahutés coup sur coup par des opposants à un projet photovoltaïque en forêt. Face à la multiplication des projets solaires en forêt, certains militants veulent « radicaliser » leur lutte.
L’article se déroule dans la commune de Saint-Julien-les-Rosiers, située dans le département du Gard, en région Occitanie. Cette zone est marquée par une opposition locale à l’installation de panneaux solaires en forêt, jugée incompatible avec la préservation des paysages et des écosystèmes. La commune compte environ 3 500 habitants et fait partie d’un territoire où les projets d’énergies renouvelables se multiplient, souvent perçus comme une menace par une partie de la population. Les forêts environnantes, notamment celles du Massif central, sont au cœur des débats, car elles abritent une biodiversité protégée et des paysages appréciés des habitants.
Un projet de centrale solaire au sol, porté par l’entreprise Urbasolar, prévoit l’installation de panneaux photovoltaïques sur une parcelle boisée de 10 hectares. Ce type de projet, appelé ferme solaire, vise à produire de l’électricité verte en captant l’énergie du soleil. Cependant, les opposants estiment que cette installation menace la biodiversité locale, notamment les espèces protégées comme le lézard ocellé ou des chauves-souris, et dénaturerait le paysage forestier. Le projet avait été validé par la préfecture en 2022, mais il a suscité une vive opposition parmi les habitants et les associations locales.
Un collectif d’habitants, mené par des membres comme Jean-Pierre Miquel, a formé un groupe nommé Les Gardiens de la forêt. Ce collectif s’est opposé au projet par des actions variées : distributions de tracts, réunions publiques, et même des blocages symboliques sur le site prévu. Leur slogan, « On lance une guérilla », illustre leur détermination à faire échec au projet par tous les moyens, y compris en contestant les décisions administratives. Leur argument principal repose sur la préservation de l’environnement et du cadre de vie, qu’ils jugent incompatible avec une centrale solaire en forêt.
Le conseil municipal de Saint-Julien-les-Rosiers, dirigé par le maire Jean-Luc Chapon, a d’abord soutenu le projet solaire, le voyant comme une opportunité économique et écologique pour la commune. Cependant, sous la pression des opposants et des tensions internes, le conseil a finalement voté contre le projet en 2023. Cette volte-face a conduit à l’exclusion de deux élus municipaux, Jean-Pierre Miquel et Marie-Claire Vernet, accusés d’avoir mené une campagne hostile au projet depuis leur position au sein du conseil. Leur exclusion a été votée à l’unanimité moins deux voix, marquant une division profonde au sein de l’équipe municipale.
L’exclusion des deux élus a été motivée par leur participation active à des actions contre le projet solaire, jugées contraires à leur devoir de réserve en tant que membres du conseil municipal. Les deux élus concernés ont annoncé leur intention de contester cette décision devant les tribunaux, arguant que leur exclusion portait atteinte à leur liberté d’expression. Cette affaire soulève des questions sur les limites du militantisme dans le cadre d’un mandat électif, ainsi que sur les tensions entre démocratie locale et préservation de l’environnement. Le projet solaire, quant à lui, reste en suspens, sans date de reprise prévue.

