Le projet de rénovation s’écroute à la Tour Montparnasse : les travaux de « désamiantage, curage
La rénovation de cet immeuble emblématique est fortement remise en cause..
Lors d’une assemblée générale tenue le 23 septembre 2026, les copropriétaires de la Tour Montparnasse ont rejeté à une large majorité (76 % des tantièmes) les travaux prévus pour sa rénovation. Ces travaux incluaient le désamiantage (élimination de l’amiante, un matériau dangereux pour la santé), le curage (nettoyage et évacuation des matériaux inutiles) et la dépose partielle de façade (retrait d’une partie de la structure extérieure). Le vote, sans appel, bloque ainsi un projet lancé en 2017 mais jamais concrétisé en raison de désaccords persistants entre les parties prenantes.
Le projet de rénovation est soumis à une contrainte de temps : le permis de construire initial expire le 26 novembre 2026. Si aucun accord n’est trouvé d’ici là, les copropriétaires devront renoncer à ces travaux ou engager une nouvelle procédure administrative, ce qui retarderait davantage la rénovation. Cette échéance ajoute une pression supplémentaire sur les négociations en cours, déjà tendues entre les partisans et les opposants au projet.
Deux camps s’affrontent au sein des copropriétaires. D’un côté, des figures comme Frédéric Lemos (homme d’affaires) et Xavier Niel (patron de Free) défendent la rénovation, arguant de son importance symbolique et économique pour Paris. De l’autre, des acteurs institutionnels s’y opposent, jugeant le projet trop coûteux et risqué dans un contexte de baisse de la demande pour les bureaux en France, où de nombreux espaces restent vacants. La mairie de Paris tente de jouer un rôle de médiateur pour trouver un compromis.
La Tour Montparnasse cumule des difficultés depuis des années. En juillet 2026, des baies vitrées des étages supérieurs se sont effondrées, sans faire de victime mais forçant l’évacuation du bâtiment, fermé au public depuis plusieurs mois. Ces incidents illustrent les risques liés à l’état dégradé de l’immeuble. Un désamiantage avait été engagé en 2005, mais après 10 ans et 250 millions d’euros dépensés, l’amiante était toujours présente, selon des experts. Les conflits entre parties prenantes, les procédures judiciaires et les départs de locataires ont encore compliqué les travaux.
Face au blocage, les partisans de la rénovation proposent des ajustements pour rallier les opposants : modification du financement, révision du calendrier, recherche de nouveaux investisseurs ou réorganisation des partenaires. Le nouveau conseil syndical, élu cette semaine, devra examiner ces propositions. L’enjeu est de taille, car la Tour Montparnasse, symbole architectural de Paris, nécessite des travaux urgents pour garantir sa sécurité et sa modernisation, mais les désaccords menacent la concrétisation du projet.

