Milei traite Sánchez de « dictateur », l’Espagne dénonce une « ingérence étrangère »
Des élections législatives anticipées doivent avoir lieu le 29 novembre prochain en Espagne..
Le président argentin Javier Milei a vivement critiqué le premier ministre espagnol Pedro Sánchez lors d’un discours à Madrid le 21 octobre 2026, le qualifiant de dictateur, de voleur et de dirigeant corrompu. Milei, connu pour ses positions ultralibérales, a appelé les Espagnols à voter contre les socialistes aux législatives anticipées du 29 novembre, dans un discours marqué par une forte polarisation. Ces déclarations ont provoqué une réaction immédiate du ministère espagnol des Affaires étrangères, qui a dénoncé une ingérence étrangère dans la politique nationale et condamné les insultes adressées à Sánchez. L’Espagne a souligné que ces propos visaient à créer un climat de tension entre les citoyens espagnols.
Les élections législatives espagnoles du 29 novembre 2026 s’annoncent serrées, avec près de 39 millions d’électeurs appelés à voter. Les sondages donnent actuellement une légère avance au Parti populaire (droite), mais sans majorité absolue. Le parti d’extrême droite Vox pourrait jouer un rôle d’arbitre au Parlement, influençant ainsi la formation du prochain gouvernement. Milei, qui soutient ouvertement Vox et sa dirigeante Isabel Díaz Ayuso, a justifié ses rencontres avec ces acteurs politiques en déclarant partager leurs idées pour « sortir l’Espagne de la décadence ». Cette proximité avec l’extrême droite espagnole est un élément clé de son intervention.
Javier Milei a critiqué la politique migratoire du gouvernement Sánchez, l’accusant d’encourager une invasion migratoire pour des motifs électoraux. Il a notamment évoqué la crise migratoire survenue fin juillet 2026 à Ceuta, une enclave espagnole au Maroc, où des dizaines de milliers de personnes avaient afflué depuis le Maroc. Milei a exprimé sa grande inquiétude face à cette situation, qu’il lie à la stagnation économique et à la décadence de l’Europe. Ces propos s’inscrivent dans une critique plus large des partis de gauche européens, qu’il tient pour responsables de ces problèmes.
La réaction espagnole aux propos de Milei a été ferme. Le ministère des Affaires étrangères a dénoncé une tentative d’ingérence étrangère et condamné les insultes envers Pedro Sánchez. La porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, a réclamé du respect pour le premier ministre. Cette crise diplomatique rappelle un incident similaire en mai 2024, lorsque Milei avait traité l’épouse de Sánchez, Begoña Gómez, d’inculpée pour trafic d’influence et de corrompue, provoquant le rappel de l’ambassadrice d’Espagne en Argentine. Un nouvel ambassadeur a été nommé cinq mois plus tard, mais les tensions persistent.
Javier Milei, élu président argentin fin 2023, est une figure ultralibérale souvent comparée à Donald Trump pour son style provocateur et ses positions radicales. Il a multiplié les déplacements en Espagne depuis son arrivée au pouvoir, s’affichant systématiquement avec des figures de l’extrême droite locale, comme Santiago Abascal (leader de Vox) ou Isabel Díaz Ayuso. Milei a également exprimé son opposition aux *socialistes du XXIe siècle*, une expression qu’il utilise pour désigner les gouvernements de gauche en Amérique latine et en Europe, qu’il accuse de favoriser la misère et l’absence de futur. Son discours à Madrid s’inscrit dans cette ligne idéologique.

