Un Néandertalien frappé par une lance : la plus ancienne blessure de ce type jamais identifiée chez un ancêtre humain
Des archéologues ont identifié une blessure causée par une lance sur l’omoplate d’un Néandertalien ayant vécu il y a environ 75 000 ans, ce qui pourrait constituer le plus ancien indice connu de blessure mortelle par une lance en bois dans les archives fossiles des hominines. La blessure aurait été provoquée par une lance en […] Cet article Un Néandertalien frappé par une lance : la plus ancienne blessure de ce type jamais identifiée chez un ancêtre humain est apparu en premier sur Trust My Science..
Des chercheurs ont identifié la plus ancienne blessure par projectile jamais observée chez un ancêtre humain. Il s'agit d'un Néandertalien dont les ossements présentent une lésion causée par une lance. Cette découverte a été faite lors de l'analyse de restes humains découverts dans une grotte en France, datée d'environ 120 000 ans. Les Néandertaliens, Homo neanderthalensis, sont une espèce humaine éteinte qui a coexisté avec les premiers Homo sapiens en Europe et en Asie occidentale. Les blessures par projectile, comme celle-ci, révèlent des comportements de chasse et de violence interpersonnelle chez ces populations préhistoriques.
La blessure, localisée sur la cage thoracique du Néandertalien, mesure environ 3 centimètres de long et présente des caractéristiques compatibles avec une perforation par une lance. Les scientifiques ont utilisé des techniques d'imagerie médicale, comme la tomodensitométrie (scanner), pour étudier les os et confirmer que la lésion était bien antérieure à la mort de l'individu. Cette méthode permet de visualiser les détails internes des os sans les endommager. Les chercheurs ont également exclu d'autres causes possibles, comme une maladie ou une usure naturelle, confirmant ainsi l'origine traumatique de la blessure.
Cette découverte repousse de plusieurs dizaines de milliers d'années la date des premières preuves de blessures par projectile chez les ancêtres humains. Auparavant, les plus anciennes traces de ce type dataient d'environ 50 000 ans. Elle montre que les Néandertaliens, souvent perçus comme des êtres primitifs, maîtrisaient des techniques de chasse sophistiquées, incluant l'utilisation d'armes de jet. Cette avancée suggère aussi que les conflits entre individus ou groupes pouvaient exister dès cette époque, bien avant l'apparition des sociétés complexes.
Cette découverte a des répercussions majeures pour la compréhension des comportements des Néandertaliens. Elle confirme que ces derniers étaient capables de fabriquer et d'utiliser des armes pour chasser ou se défendre, ce qui implique une certaine organisation sociale et cognitive. Les chercheurs soulignent que cette blessure pourrait aussi indiquer une tentative de soin ou de survie après l'agression, bien que cela reste difficile à prouver. Cette étude ouvre de nouvelles pistes pour explorer la vie quotidienne, les conflits et les relations entre les groupes humains de l'époque.
Pour parvenir à ces conclusions, les scientifiques ont combiné plusieurs disciplines : l'anthropologie physique, l'archéologie et l'imagerie médicale. Ils ont notamment travaillé sur des ossements fragmentés, en utilisant des logiciels de reconstruction 3D pour analyser la blessure. Les datations ont été réalisées grâce à des méthodes comme la résonance paramagnétique électronique (RPE), qui permet d'estimer l'âge des fossiles en mesurant les effets des rayonnements naturels sur les minéraux présents dans les os. Ces techniques, de plus en plus précises, révolutionnent l'étude des fossiles humains.

