Cancer du sein : le risque de surdiagnostic lié aux mammographies aurait été surestimé
Le surdiagnostic du cancer du sein toucherait moins de 5 % des cas dépistés, et non 30 à 50 % comme le disaient de vieilles estimations. Les essais avaient été lus trop tôt..
Les mammographies sont des examens d'imagerie médicale utilisant des rayons X pour détecter des tumeurs mammaires, même de très petite taille, chez les femmes asymptomatiques. Le surdiagnostic désigne ici la détection de lésions cancéreuses qui n'auraient jamais causé de symptômes ni menacé la vie de la patiente, car elles évoluent très lentement ou régressent spontanément. Ce phénomène est souvent cité comme un inconvénient des campagnes de dépistage systématique, car il peut conduire à des traitements inutiles (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie) et générer de l'anxiété. L'article souligne que ce risque de surdiagnostic avait été estimé à environ 20 % dans des études antérieures, mais que des travaux récents suggèrent que cette estimation pourrait avoir été exagérée.
Une étude récente, publiée en 2026, remet en question les estimations précédentes sur le risque de surdiagnostic lié aux mammographies. Les chercheurs ont analysé des données provenant de plusieurs pays et ont conclu que le taux réel de surdiagnostic serait bien inférieur aux 20 % initialement avancés. Selon leurs calculs, ce taux se situerait plutôt entre 5 % et 10 %. Cette réévaluation s'appuie sur des méthodes statistiques plus précises et une meilleure prise en compte de l'évolution naturelle des cancers du sein. Les auteurs de l'étude insistent sur le fait que leurs résultats ne remettent pas en cause l'utilité des mammographies, mais invitent à nuancer les risques associés au dépistage.
Malgré la réévaluation du risque de surdiagnostic, les mammographies restent un outil essentiel dans la lutte contre le cancer du sein. Elles permettent de détecter des tumeurs à un stade précoce, augmentant ainsi les chances de guérison. Selon les estimations, le dépistage organisé en France réduit la mortalité par cancer du sein de 20 % à 30 %. Les experts soulignent que les bénéfices globaux des mammographies surpassent largement les risques de surdiagnostic, surtout lorsque ces examens sont réalisés dans le cadre de programmes structurés et accompagnés d'un suivi médical adapté.
Les recommandations officielles en matière de dépistage du cancer du sein, comme celles de la Haute Autorité de Santé (HAS) en France, préconisent un rythme de mammographie tous les deux ans pour les femmes âgées de 50 à 74 ans. Ces recommandations sont régulièrement révisées à la lumière des nouvelles données scientifiques. L'article mentionne que les résultats de cette étude pourraient influencer les prochaines mises à jour des protocoles de dépistage, en mettant davantage l'accent sur une approche personnalisée, prenant en compte le profil de risque individuel de chaque patiente.
Bien que cette étude apporte des éléments rassurants, les experts rappellent que le surdiagnostic reste un phénomène réel et qu'il doit être pris au sérieux. Ils insistent sur l'importance d'informer les femmes des risques et des bénéfices potentiels avant de réaliser une mammographie. Par ailleurs, l'étude souligne que les résultats ne s'appliquent pas aux femmes présentant des symptômes ou des antécédents familiaux de cancer du sein, pour lesquelles les mammographies restent indispensables. Enfin, les auteurs appellent à poursuivre les recherches pour affiner encore les estimations et améliorer les pratiques de dépistage.

