Une session d’automne mouvementée s’amorce à Ottawa
L’automne pourrait réserver quelques secousses au premier ministre canadien..
La session parlementaire d'automne à Ottawa s'ouvre après une pause estivale, avec des travaux prévus à partir du lundi suivant la rentrée. Cette période est traditionnellement chargée en débats et décisions politiques au Canada. Le premier ministre canadien, Mark Carney, dirige un gouvernement libéral majoritaire avec 173 sièges à la Chambre des communes, renforcé par trois victoires aux élections partielles cet été, dont une dans la circonscription de Chicoutimi–Le Fjord face aux conservateurs. Malgré un contexte économique et politique complexe, le gouvernement affiche une popularité élevée, avec des projections électorales favorables et des intentions de vote à 32 % pour les conservateurs, selon le dernier sondage d'Angus Reid. Mark Carney a évoqué un momentum positif lors d'une réunion avec ses députés, soulignant la dynamique actuelle de son parti.
Plusieurs dossiers sensibles pourraient perturber la rentrée politique. Au Québec, les élections provinciales du 5 octobre pourraient voir la victoire du Parti québécois (PQ), un parti indépendantiste dirigé par Paul St-Pierre Plamondon. Ce résultat modifierait les relations entre Ottawa et Québec, le PQ promettant un référendum sur la souveraineté du Québec d'ici la fin d'un premier mandat. En Alberta, un référendum contraignant sur la séparation de la province est prévu deux semaines après le scrutin québécois, bien que l'option indépendantiste soit actuellement en retrait dans les sondages. Ces événements pourraient exacerber les tensions entre le gouvernement fédéral et certaines provinces, notamment dans l'Ouest canadien.
Le gouvernement libéral compte faire adopter plusieurs projets de loi ambitieux lors de cette session. Parmi eux, le projet de loi C-34, la Loi sur les médias sociaux sécuritaires, vise à interdire l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans, une mesure controversée qui suscite des débats sur la liberté d'expression et la protection des mineurs. Un autre texte de loi important concerne la réforme du processus d'approbation des projets fédéraux, dont les détails n'ont pas encore été précisés. Le gouvernement souhaite également renforcer sa majorité en profitant de nouvelles élections partielles, notamment au Québec, où trois sièges seront à pourvoir dans les prochains mois.
Les partis d'opposition abordent cette rentrée dans une position difficile. Les conservateurs de Pierre Poilievre, qui détiennent 32 % des intentions de vote selon Angus Reid, subissent une baisse de popularité et ont perdu six députés depuis les dernières élections. Poilievre doit également faire face à des élections partielles en Ontario pour conserver deux sièges menacés. Le Bloc québécois, avec seulement cinq sièges, tente de conserver sa circonscription de Saint-Hyacinthe après l'échec de Chicoutimi–Le Fjord cet été. Le Nouveau Parti démocratique (NPD), dirigé par Avi Lewis, devra aussi prouver sa pertinence, d'autant plus que son chef n'est pas encore élu au Parlement. Le parti risque même de disparaître au Québec s'il ne conserve pas Rosemont–La Petite-Patrie, laissée vacante par Alexandre Boulerice.
Cette session d'automne sera marquée par plusieurs événements diplomatiques et judiciaires. Un sommet entre le Canada et l'Union européenne (UE) est prévu à Montréal fin octobre pour discuter d'une nouvelle *alliance*, bien que les détails restent flous. La Cour suprême du Canada rendra par ailleurs un jugement attendu sur la *Loi sur la laïcité de l’État* (loi 21) du Québec, une décision qui pourrait tomber avant les élections provinciales. Sur le plan économique, le gouvernement présentera son budget d'automne, qui donnera un aperçu des finances publiques après les mesures d'aide liées à la guerre commerciale et la suspension de la taxe d'accise sur l'essence. Enfin, Ottawa pourrait accueillir plusieurs dirigeants étrangers, dont le premier ministre indien Narendra Modi, invité à visiter le Canada d'ici la fin de l'année.

