Que faudra-t-il pour que l’opposition perce la cuirasse de Carney?
Les partis d’opposition affaiblis disposent néanmoins d’angles d’attaque..
Mark Carney, premier ministre du Canada, est décrit comme un dirigeant politique particulièrement solide, comparé à un blindé résistant aux critiques. Malgré les défis comme l’ajout de tarifs douaniers américains ou le départ de ministres populaires comme Steven Guilbeault en 2026, sa popularité reste élevée, autour de 60 %, avec même une hausse début 2026 après un discours remarqué à Davos. Cette popularité contraste avec la faiblesse relative de ses adversaires politiques, malgré un environnement économique et politique complexe, marqué par un second mandat controversé de Donald Trump aux États-Unis. Le texte souligne que peu de prédécesseurs de Carney ont maintenu une telle popularité sur une période aussi longue.
Les partis d’opposition peinent à rivaliser avec la force des libéraux de Carney. Les conservateurs, affaiblis par le départ de sept députés (dont quatre vers les libéraux), voient leur chef Pierre Poilievre tenter de maintenir la cohésion d’un caucus divisé, comme en témoignent les déclarations controversées de députés comme Jamil Jivani. Les néo-démocrates (NPD), bien que bénéficiant d’un espace politique élargi depuis le virage à droite des libéraux, souffrent d’un manque de visibilité. Leur nouveau chef, Avi Lewis, n’étant pas député, ne peut pas porter leur message au Parlement. De plus, leur unique député québécois, Alexandre Boulerice, a quitté la scène fédérale pour se lancer en politique provinciale au Québec. Enfin, le Bloc québécois a temporairement réduit son activité pour ne pas nuire au Parti québécois en pleine campagne électorale provinciale, limitant ainsi son influence fédérale.
Le gouvernement Carney prépare un projet de loi visant à accélérer l’approbation des projets d’infrastructure, y compris les pipelines, en modifiant les procédures d’évaluation environnementale. Désormais, les projets de pipelines ne seront plus soumis à une évaluation environnementale classique, mais à un examen par la Régie de l’énergie. De plus, le texte prévoit la possibilité de lancer des projets avant même la fin de leur évaluation d’impact, et permet aux ministres de modifier les conditions environnementales a posteriori. Ces mesures pourraient aliéner les environnementalistes, offrant aux partis d’opposition comme le Bloc québécois ou le NPD une opportunité de gagner des soutiens. Par ailleurs, la privatisation envisagée de quatre aéroports majeurs du pays suscite l’opposition des syndicats, tandis que le milieu culturel critique l’abandon des redevances prévues pour les plateformes comme Netflix et Disney, qui devaient financer des contenus canadiens.
Un autre point de friction concerne la faible présence de Mark Carney aux **Commons** (la Chambre des communes), ce qui interroge les défenseurs de la démocratie parlementaire canadienne. Les oppositions pourraient exploiter ce manque de visibilité pour critiquer son leadership. Cependant, malgré ces faiblesses potentielles, la popularité du premier ministre reste stable, voire en hausse, ce qui rend difficile une percée immédiate des partis adverses. L’article souligne que, bien que les oppositions disposent de dossiers porteurs comme l’environnement ou la culture, leur capacité à les exploiter dépendra de leur capacité à mobiliser l’opinion publique. Le Bloc québécois et le NPD pourraient notamment capitaliser sur les mesures environnementales controversées, mais leur succès n’est pas garanti.

