Tarifs : « J'ai l'impression d'être le seul à me tenir debout », dit Doug Ford
Doug Ford aimerait que Mark Carney et les autres premiers ministres provinciaux haussent le ton face à Trump..
Le président américain Donald Trump a annoncé l'imposition de droits de douane de 50 % sur des dizaines de produits canadiens, une mesure qui doit entrer en vigueur le 19 août. Ces tarifs douaniers, également appelés barrières commerciales ou taxes à l'importation, visent à pénaliser les exportations canadiennes vers les États-Unis. Parmi les produits concernés figurent des biens agricoles, industriels et énergétiques. Cette décision s'inscrit dans une série de tensions commerciales récurrentes entre les deux pays, déjà marquées par des mesures similaires sous l'administration Trump. Le Canada, qui exporte environ 75 % de ses marchandises vers les États-Unis, craint que ces tarifs n'affaiblissent son économie, notamment en augmentant le coût des produits pour les consommateurs américains et en réduisant les revenus des entreprises canadiennes.
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a critiqué le manque de fermeté des autres dirigeants canadiens face à la menace tarifaire américaine. Lors d'une entrevue à l'émission Power & Politics de CBC, il a exprimé son mécontentement en déclarant qu'il avait parfois l'impression d'être le seul à défendre les intérêts du Canada. Ford a appelé à une approche unifiée, surnommée Équipe Canada, impliquant tous les premiers ministres provinciaux ainsi que le premier ministre canadien, Mark Carney. Il a insisté sur la nécessité de négocier en position de force, affirmant que Donald Trump ne respecterait que les pays capables de riposter. Ford a également suggéré que le Canada pourrait utiliser l'énergie, comme le pétrole ou la potasse, comme levier dans les négociations, bien que cette idée soit contestée par d'autres provinces.
Les réactions des autres provinces à la proposition de Doug Ford ont été variées. La première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, a catégoriquement rejeté l'idée d'utiliser l'énergie comme moyen de pression, qualifiant cette approche de non envisageable. Elle a privilégié une stratégie de négociation diplomatique, affirmant que les discussions devaient se concentrer sur la recherche de solutions à la table. Le premier ministre de la Saskatchewan, Scott Moe, et la première ministre du Québec, Christine Fréchette, ont également exprimé leur désaccord avec l'utilisation de l'énergie comme levier. Seule la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, a évoqué cette option comme l'un des outils possibles, sans pour autant la soutenir explicitement. Ces divergences illustrent les tensions au sein de la fédération canadienne face à la crise commerciale.
Doug Ford a réitéré sa proposition d'utiliser les exportations d'énergie comme moyen de pression contre les États-Unis, déclarant que le Canada pourrait « démanteler les États-Unis » s'il le souhaitait, en référence à la dépendance américaine aux importations canadiennes de pétrole et de gaz. Parallèlement, l'Ontario a pris des mesures concrètes en retirant l'alcool américain des étalages de la LCBO (Liquor Control Board of Ontario), la régie des alcools de la province. Cette décision, prise en mars, visait à riposter aux tarifs douaniers américains. Ford a indiqué vouloir maintenir cette mesure, qui symbolise la volonté de l'Ontario de montrer sa fermeté face à Washington. Cependant, cette stratégie n'est pas partagée par toutes les provinces, ce qui complique une réponse unifiée du Canada.
Le premier ministre canadien, Mark Carney, joue un rôle central dans la coordination de la réponse canadienne aux tarifs américains. Doug Ford a souligné l'importance de son leadership pour diriger l'*Équipe Canada*, une alliance des provinces et du gouvernement fédéral visant à présenter une position commune face à Donald Trump. Carney doit rencontrer les premiers ministres provinciaux pour élaborer une stratégie, bien que Ford ait précisé qu'il ne s'attendait pas à un plan complet dès cette réunion. Le gouvernement fédéral, dirigé par Carney, doit trouver un équilibre entre la fermeté affichée par certaines provinces comme l'Ontario et les réticences d'autres, comme l'Alberta. La coordination entre Ottawa et les provinces est essentielle pour éviter une fragmentation des positions canadiennes.

