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Généraliste

Le plan de match du Parti québécois au pouvoir

Le Devoir · mis à jour 6 oct.

Voici les mesures que le Parti québécois a promis de mettre en œuvre au cours des 100 premiers jours de son mandat..

100 premiers jours clés

Le Parti québécois (PQ), dirigé par Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), a annoncé un ensemble de mesures à mettre en œuvre dès ses 100 premiers jours au pouvoir. Parmi elles, l’abolition de la TVQ (la taxe de vente du Québec) sur les biens usagés comme les voitures, les meubles ou les électroménagers est une promesse phare. Cette mesure coûterait jusqu’à 700 millions de dollars par an à l’État, soit 2,8 milliards sur quatre ans. Le PQ prévoit aussi utiliser une partie du Fonds d’électrification et de changements climatiques pour réduire de moitié la TVQ sur l’essence pendant un an, ce qui ferait baisser le prix à la pompe d’environ 7 centimes le litre. Ces décisions visent à soulager le budget des ménages, mais réduisent les revenus de l’État. PSPP a insisté sur l’application immédiate de ces mesures dès son élection.

Immigration : réduction prévue

Le gouvernement PQ souhaite réduire le nombre de résidents temporaires au Québec, actuellement estimé à environ 300 000 personnes, en le ramenant dans une fourchette de 200 000 à 250 000. Pour l’immigration permanente, qui accueille environ 45 000 nouveaux résidents par an, le PQ propose de diminuer ce seuil à 35 000 nouveaux arrivants annuellement. Cette mesure s’inscrit dans une volonté de mieux contrôler les flux migratoires et de prioriser l’intégration des nouveaux Québécois. PSPP a justifié cette réduction par la nécessité de stabiliser la population et de faciliter l’accès aux services publics pour les résidents déjà établis.

Bureaucratie : audit immédiat

Paul St-Pierre Plamondon a annoncé un grand ménage dans l’administration québécoise en créant un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire. Ce secrétariat aura pour mission de simplifier les processus administratifs et de réduire les coûts de fonctionnement de l’État. Dès ses premières semaines, le gouvernement mènera un audit de tous les projets informatiques pour identifier les gaspillages. À terme, le PQ s’est engagé à réduire de 2,5 % sur trois ans les coûts de la masse salariale de l’État, ce qui représenterait des économies de 4,7 milliards de dollars sur un mandat de quatre ans. L’objectif est d’améliorer l’efficacité des services publics tout en limitant les dépenses.

Lutte contre l’itinérance

L’itinérance est présentée comme la grande priorité sociale du PQ pour sa première année au pouvoir. Le gouvernement prévoit un budget spécial dès son arrivée pour financer des mesures concrètes. À long terme, l’objectif est de réduire de 50 % le nombre de personnes en situation d’itinérance au Québec d’ici 2030. Pour y parvenir, le PQ investira un milliard de dollars sur quatre ans, notamment pour embaucher des travailleurs sociaux et construire de nouveaux logements. Cette initiative vise à répondre à une crise sociale croissante, particulièrement visible dans les grandes villes comme Montréal.

Gel des salaires des élus

PSPP s’est engagé à déposer rapidement un projet de loi pour geler les salaires des députés, des ministres et des présidents-directeurs généraux des sociétés d’État, comme Hydro-Québec, la Société des alcools du Québec (SAQ), Investissement Québec et La Caisse. Cette mesure vise à montrer l’exemple en matière de rigueur budgétaire et à réduire les dépenses de l’État. Elle s’inscrit dans une logique d’austérité affichée par le PQ, qui souhaite limiter les coûts liés à la fonction publique et aux entreprises publiques.

Réforme de la santé

Le PQ a promis d’abolir Santé Québec, une société d’État créée en 2024 pour gérer le réseau de la santé. L’objectif est de décentraliser le système de santé et de réduire sa bureaucratie. Initialement, PSPP voulait supprimer cette structure, mais il a finalement proposé de la transformer en une division du ministère de la Santé. Le gouvernement vise à supprimer 900 postes et estime que cette réorganisation permettrait d’économiser entre 40 et 100 millions de dollars par an. Cette réforme s’inscrit dans une volonté de simplifier l’administration et d’améliorer l’accès aux soins.

Renforcement de la laïcité

Le gouvernement PQ entend étendre les règles de laïcité en interdisant le port de tenues et de signes religieux à tous les élèves du primaire. Il propose également de mettre fin au financement public des écoles religieuses. Depuis 2024, une cinquantaine d’établissements bénéficient d’un crédit d’impôt à titre d’organismes religieux, recevant environ 160 millions de dollars de l’État chaque année. Le PQ souhaite supprimer ce financement pour les écoles qui ne respectent pas les principes de laïcité. Cette mesure s’inscrit dans un débat plus large sur la place de la religion dans les institutions publiques québécoises.

Protection du français

Le PQ considère le déclin historique du français comme une priorité et propose plusieurs mesures pour inverser cette tendance. Il souhaite étendre la portée de la loi 101 (la Charte de la langue française) aux cégeps (collèges d’enseignement général et professionnel) et l’appliquer aux enfants d’immigrants temporaires après 12 mois de présence au Québec. Le gouvernement prévoit également une enquête sur la langue de socialisation des élèves dans les écoles de Montréal et de Laval. PSPP n’exclut pas de réglementer davantage l’usage d’autres langues dans les écoles pour protéger le français.

Soutien à la natalité

Face au faible taux de natalité au Québec, le PQ propose une prime annuelle pour famille nombreuse de 350 dollars pour un troisième et un quatrième enfant. Le gouvernement s’engage aussi à créer 10 000 nouvelles places en CPE (centres de la petite enfance) sur un mandat et à prolonger jusqu’à trois ans la période d’utilisation des prestations du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP). Ces mesures visent à encourager les familles à avoir plus d’enfants et à faciliter l’accès à la garde d’enfants, un enjeu majeur pour les parents québécois.

Ce que ça pourrait changer

Le projet phare du PQ reste un *troisième référendum sur l’indépendance* du Québec. Paul St-Pierre Plamondon a repoussé cette échéance à *après janvier 2029*, invoquant l’*imprévisibilité du gouvernement américain* sous la présidence de Donald Trump. PSPP a confirmé qu’il irait de l’avant avec cette promesse vers la fin de son premier mandat, même si les sondages actuels laissent entrevoir une défaite. Cette stratégie vise à maintenir l’objectif souverainiste tout en évitant une confrontation politique prématurée dans un contexte international incertain.

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